Théâtre

« Le Canard Sauvage » : Ibsen cruel et magnifique au Théâtre National de la Colline

« Le Canard Sauvage » : Ibsen cruel et magnifique au Théâtre National de la Colline

16 janvier 2014 | PAR Yaël Hirsch

Après avoir mis en scène Peer Gynt, Les Revenants, Brand, Maison de poupée et Rosmersholm, Stéphane Braunschweig poursuit son exploration dans l’univers d’Ibsen à la Colline. Avec Le Canard sauvage (1884), pièce hantée par l’oiseau blessé et le passé de deux familles, il offre une lecture moderne et épurée d’une tragédie classique…

[rating=4]

Lorsque le fils du négociant Werle, Gregers (Claude Duparfait) descend des hauteurs où il s’était cloîtré à l’usine, c’est pour faire éclater la vérité dans la vie de son ancien a camarade, Hjalmar (Rodolphe Congé). Il y a longtemps, les pères des deux hommes étaient en affaires et celui de Hjalmar a été puni pour avoir vendu des terres qui appartenaient à l’Etat. De son côté, Werle, le père de Greggers, a été acquitté. Nageant dans l’opulence, Werle a aidé le fils de son associé déchu à s’installer avec une de ses servantes Gina (Chloé Réjon). Au moment où Gregers vient sonner à leur porte avec son idéal de transparence, le couple vit de photographie dans une maison petite et simple où ils comptent leurs sous pour élever leur fille, Edvig (Suzanne Aubert) et laissent le vieux père de Hjalmar chasser le lapin dans leur grenier. Dans ce Grenier, ils ont aussi pris soin d’un trésor : un véritable canard sauvage qui a réchappé d’une partie de chasse de Werle…

Avec une scénographie d’une élégance folle, épurée mais jamais minimale et un dispositif vidéo qui permet d’installer Werle (Jean-Marie Winling) en statue du commandeur, Stephan Braunschweig nous rend le texte d’Ibsen proche et moderne, sans jamais dévier d’un iota de la machine infernale très précise que la pièce met en place. L’ennui en grand format de bois Ikéa est le décor morne où se joue la bataille entre l’idéal macabre de Werle et le mensonge pragmatique des vivants. Un tournoi tragique et intemporel, où aucun canard ne peur servir de bouc émissaire. Du grand théâtre classique, au sens le plus noble du mot.

Le Canard Sauvage de Henrik Ibsen, mise en scène et scénographie : Stéphane Braunschweig, avec Suzanne Aubert, Christophe Brault, Rodolphe Congé, Claude Duparfait, Luce Mouchel, Charlie Nelson, Thierry Paret, Chloé Réjon et la participation de Jean-Marie Winling, 2h20. Mar à 19h30 et dim à 15h30.

Visuel © Elizabeth Carecchio

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