Théâtre

« La Princesse de Clèves » selon Marcel Bozonnet

« La Princesse de Clèves » selon Marcel Bozonnet

15 juin 2012 | PAR Cecile David

Dans le décor historique du Théâtre des Bouffes du Nord, Marcel Bozonnet fait voyager son auditoire en plein cœur du XVIIe, sur fond de romantisme et de préciosité.

Rester fidèle au style si raffiné de Madame de La Fayette et capter l’attention d’un public du XXIe siècle. Le défi est de taille. Marcel Bozonnet le relève en choisissant la sobriété pour fil conducteur. Seuls les murs du théâtre et les jeux de lumières font office de décor. Le metteur en scène et comédien se glisse tour à tour dans la peau de Mademoiselle de Chartres – future Princesse de Clèves – et du duc de Nemours, en passant par Madame de Chartres et le Prince de Clèves. Il renoue ainsi avec l’un des plus anciens métiers du monde du spectacle : celui de conteur. Et reste fidèle à l’un des principes fondateurs du roman en faisant travailler l’imaginaire de son public, à qui il propose de meubler autour de son simple jeu.

L’acteur semble tout droit venu du XVIIe avec son costume d’époque, sa gestuelle si précieuse et ce langage si délicat. Il revient pas à pas sur le parcours de cette demoiselle vertueuse qui redoute tant de perdre la raison face aux passions qui l’animent. Une véritable performance pour le comédien qui, en 1h20 de représentation, ne laisse paraître aucun moment de faiblesse. Difficile pourtant de retenir l’attention des spectateurs lors d’un seul en scène, surtout lorsqu’il s’agit d’un texte venu d’un autre temps. L’ancien sociétaire de la Comédie-Française assure en jouant sur le rythme, le ton de sa voix, son débit de parole. Des intentions appuyées par quelques extraits de musique classique, davantage par les lumières – second personnage de la pièce -, qui l’épaulent tout au long de son récit. Grâce à leur soutien, l’ensemble gagne en intensité. En quelques secondes, il se retrouve ainsi plongé dans une obscurité presque totale et peut décrire une promenade nocturne ; plus tard, il se voit baigné de lumière et renforce le tragique des derniers instants du Prince.

La Princesse de Clèves, une histoire romantique, un roman historique, une œuvre incontournable dans le paysage littéraire français… L’ancien Président Nicolas Sarkozy l’avait dénigrée en 2008 à ses risques et périls, Marcel Bozonnet lui rend sûrement ici, le plus beau des hommages.

 

Copyright : © Elisabeth Carecchio

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