Théâtre
« La pitié dangereuse » est hautement dramatique au Théâtre de l’Oulle

« La pitié dangereuse » est hautement dramatique au Théâtre de l’Oulle

28 juillet 2011 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Stéphane Olivié Bisson met en scène le roman de Stefan Zweig La pitié dangereuse dans le Off d’Avignon. Le texte adapté par Elodie Menant est d’une dramaturgie magistrale. Les comédiens vous époustoufleront en vous faisant oublier une scénographie trop timide. Voici une grande pièce à ne pas louper pour vos derniers jours au Festival.
Le décor et les costumes vous emmènent dans une petite ville de garnison autrichienne de 1913, quelques minutes avant le début de la Première Guerre Mondiale. Un riche propriétaire, monsieur Kekesfalva (Gilles Janeyrand) organise un bal costumé en l’honneur de sa fille Edith. La demoiselle est belle mais elle a perdu l’usage de ses jambes suite à une maladie dont on ne trouve pas le remède. Lors de la soirée, elle rencontre le lieutenant Anton Hofmiller. Pris de pitié, il se met à lui rendre visite tous les jours, mais voila qu’elle tombe amoureuse. Lui regarderait plutôt du côté de la jolie nourrice (Salima Glamine).
Le jeu des comédien est d’une intensité rare. Plongé dans leurs rôles ils intègrent le public dans une tension dramatique forte. L’histoire pourrait basculer dans un mélo indigeste mais ici, c’est l’aspect policier des relations humaines qui est dévoilé.
Le trop doux lieutenant (Arnaud Denissel) se trouve pris au piège sous les conseils du médecin manipulateur (David Salles). Il ment, laisse espérer Edith (Elodie Menant) qui ne tient à la vie que par le fil du bel Anton.
La mise en scène très classique ne dessert pas le texte sans le sublimer pour autant. En revanche, la scène des fiançailles à la lumière cauchemardesque tient du génie, détonnant avec le reste du spectacle.
La pièce  semble durer cinq minutes et l’on est traversé de part en part par la montée de l’angoisse qui se dégage du texte sans concession de Zweig et la puissance de jeu des formidables comédiens.

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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