Théâtre
La comédie de l’orgasme

La comédie de l’orgasme

18 mai 2012 | PAR Ariane Kupferman Sutthavong

Sous ma peau : Le manège du plaisir, one-woman-show de Geneviève de Kermabon, est une jouissance irrésistible. Une heure dans la vie des femmes (et des hommes aussi, un peu…), c’est jusqu’au 30 juin 2012 au Théâtre Lucernaire.

Auteure, metteur en scène et comédienne, Geneviève de Kermabon aborde sans pudeur ni tabous diverses facettes de la vie sexuelle. Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le sexe sans jamais oser le demander version girly (mais pas gnangnan !), aussi névrosé et décomplexé que l’original.

Tout y passe : virginité, pornographie, couple, fantasmes et adultère sont abordés avec humour. Noir et décalé, ce dernier permet également de soulever des sujets davantage polémiques comme la « femme-objet » ou la religion et la culpabilité vis-à-vis du plaisir.

Les thèmes apparaissent peu à peu dans les conversations, la mise en scène intimiste de la pièce se prêtant bien à celles-ci. Le public, lui, s’identifie sans peine aux personnages et à leurs complexes tant les situations présentées sont criantes de vérité. En effet, avant de débuter l’écriture du spectacle, l’auteure s’était livrée, durant cinq ans, à un travail d’interviews, retranscrites sous le titre Désirs et publiées en 2008 aux Editions du Panama.

Pour introduire cette formidable galerie de personnages, allant des plus classiques (des bourgeoises quarantenaires mariées) aux plus excentriques (une prostituée à la retraite ou encore un hédoniste échangiste), Geneviève de Kermabon use de tours et de détours, mais surtout de masques et de marionnettes. Le jeu de la comédienne, entre railleries vaguement sordides et murmures à vous donner des frissons, est délicieux. On assiste à des moments de grâce et de poésie, de complicité touchante comme de sensualité torride !

Sous ma peau comporte également un travail intéressant sur la musique. Elle accompagne chaque personnage, chaque situation et facilite les changements de tons et d’atmosphères, nombreux dans la pièce. Si les passages chantés détonnent un peu au départ, ils contribuent au final à renforcer la drôlerie grivoise du spectacle et à contraster avec la crudité du propos.

« Les hommes aiment les femmes qui ont du désir mais, en même temps, ils en ont peur » sussure la comédienne. Militant, cocasse, charnel mais jamais vulgaire, Sous ma peau : Le manège du désir, a tout pour vous séduire.

 

Visuels : (c) Saïd Taftaf

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