Théâtre

La Clef de Gaïa, parenthèse drôle et envoûtante

La Clef de Gaïa, parenthèse drôle et envoûtante

08 décembre 2015 | PAR Clémence Charrier

A la Manufacture des Abbesses se joue jusqu’au 13 janvier une pièce enchanteresse : La Clef de Gaia, spectacle où se mêlent chant, guitare, conte et souvenirs, le tout sous le décor d’une tente berbère. Magique.

[rating=5]

La pièce commence avec une première prise de parole par Vincent Escure, évocateur, qui joue le rôle du conteur, et nous raconte des passages de ce que l’on imagine être sa vie d’avant, au son de la guitare de Pierre Delaup. A peine est-on partis voyager dans sa mémoire que nous sommes ramenés à la réalité par la drôlissime Lina Lamara, qui nous raconte des épisodes de son enfance. D’origine algérienne, vivant en France, celle que sa grand-mère Mouima appelle Gaïa se retrouve perdue entre les deux cultures qui la forgent.

L’actrice qui joue à la fois sa grand-mère, parfois sa mère, et elle même, nous fait rire aux éclats tout au long de la pièce. S’appuyant sur des clichés bien vécus, elle nous embarque dans des discussions avec sa Mouima, sur la religion, l’amour, nous entraîne au Hammam, toujours pour notre plus grand plaisir. Se jouant des stéréotypes en les acceptant pleinement, son ton est juste, attendrissant, et surtout, extrêmement drôle. Sans prétention, ces épisodes donnent pourtant à réfléchir, tout en douceur et en sagesse. La mise en scène et le jeu parfaits nous embarquent dans des discussions pleines d’amour, de sourires, à l’image de l’échange que la grand-mère et la petite fille ont à propos des hommes : « Les garçons, c’est comme un oignon, plus tu t’en approches, plus tu pleures. Il vaut mieux les regarder de loin et les ignorer. – Mais toi, tu as Pépé ? – Ahh, ti pépé il fait pas pleurer. Il fait pas rire non plus. »

Les souvenirs de Gaïa et du jeune homme sont entremêlés d’une musique qui doit sa beauté tant à la guitare mélodieuse qu’à la voix envoûtante de Lina Lamara, et la salle se retrouve presque trop petite pour contenir la beauté, la puissance et la douceur de ces passages. Le rythme qui en résulte progigue à la pièce une dynamique qui donne tout son sens à chacune de ses composantes, et les met en valeur tout en finesse.

Une parenthèse rêveuse dans un décor qui accompagnent les acteurs dans ce doux pays de la mémoire. Très beau travail de toute l’équipe, qui nous offre un moment de chaleur humaine plus que nécessaire en ce moment.

La Clef de Gaïa, pièce de Lina Lamara, mise en scène de Cristos Mitropoulos, avec Vincent Escure, Pierre Delaup et Lina Lamara

Du 6 décembre au 13 janvier 2016 à la Manufacture des Abbesses
Dimanche : 20h
Lundi : 21h
Mardi : 21h
Mercredi : 21h

VISUELS : © images officielles

Infos pratiques

Les Voix du Gaou
Grand Palais
Camille Hispard

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