Théâtre
La Carpe et le Lapin, ou la rencontre sensible de deux êtres merveilleux, au Théâtre de la Porte Saint-Martin

La Carpe et le Lapin, ou la rencontre sensible de deux êtres merveilleux, au Théâtre de la Porte Saint-Martin

08 mars 2020 | PAR Geraldine Elbaz
 
Prolongé jusqu’à fin mai 2020, le cadavre exquis proposé par Catherine Frot et Vincent Dedienne nous intrigue d’abord, puis nous entraîne dans les méandres surréalistes d’un duo lumineux qui oscille entre poésie et burlesque. Dans une scénographie majestueuse et opulente signée Alexandre de Dardel, les deux auteurs et comédiens, aidés par Julie-Anne Roth à la mise en scène nous enchantent!
 
Avant de découvrir ce spectacle, nous ne savons rien, si ce n’est que la proposition s’articule autour d’un cadavre exquis, dont le jeu inventé par les surréalistes au début du XXème siècle consiste à juxtaposer des éléments littéraires (écriture) ou artistiques (dessins), où chaque participant y va de sa composition indépendamment des autres. Le résultat aussi improbable qu’amusant et expérimental expose une sorte de mosaïque atypique et surprenante. 
 
Prenez deux comédiens pétillants, multi-récompensés et à la verve comique jubilatoire, saupoudrez d’un brin de poésie et de notes de musique, ajoutez un soupçon de danse avec un peu de folie, mélangez le tout et vous obtiendrez un enchevêtrement impromptu et facétieux d’une heure trente, dans lequel une reine et son « bouffon » s’amusent comme des enfants et partagent avec leur public le bonheur de travailler ensemble. 
 
Citez Verlaine, Aragon, Duras, Léopold Sédar Senghor, n’oubliez pas Beckett ; chantez du Boby Lapointe ou du Pierre-André Dousset, composez aussi sur une musique de Vincent Delerm, ajustez enfin avec  du Louis Jouvet, du Pablo Picasso et pourquoi pas un peu de Christiane Taubira? 
 
Le tout dans un décor hétéroclite à l’image du texte, entre tapis roulant, bandeaux défilants, ballons colorés et paillettes dorées, on se retrouve plongés dans un immense capharnaüm, où les objets insolites se fondent dans un bric-à-brac esthétique audacieux.
 

Entre deux chansons accompagnées par un pianiste discret et élégant, les protagonistes s’interrogent sur le temps qui passe, récitent des textes tantôt légers et drolatiques, tantôt profonds et mélancoliques. Peut-être un peu trop de chansons? Qu’à cela ne tienne, l’effervescence festive l’emporte et l’on ressort ravis et charmés!

Crédit photo : (c) Christophe Raynaud de Lage
 
La Carpe et le Lapin 
De et avec Catherine Frot et Vincent Dedienne 
Jusqu’à fin mai 2020
Durée : 1H30
8 mars 2020- Dossier
« Sacrées Sorcières », le conte de Roald Dahl adapté en bande dessinée par Pénélope Bagieu
Geraldine Elbaz
Passionnée de théâtre, de musique et de littérature, cinéphile aussi, Géraldine Elbaz est curieuse, enthousiaste et parfois… critique.

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