Théâtre

La beauté irradiante du Funambule de Genêt par Angelin Preljocaj

06 mai 2011 | PAR Christophe Candoni

Au Théâtre des Abbesses, la reprise indispensable d’un spectacle brillant, solaire : « Le Funambule » de Jean Genêt tel que le monte Angelin Preljocaj.

C’est un texte magnifique, un des plus beaux écrit sur l’artiste et la création, souvent porté à la scène ces derniers temps, un texte qu’il aime depuis toujours, qu’il connaît par cœur, et dont il restitue, même imparfaitement, toute la beauté, l’incandescence avec l’humilité et la sincérité qui font les grands artistes. Danseur et chorégraphe incontournable sur la scène contemporaine, Preljocaj est lui-même un funambule qui se lance vers la lumière, alliant performance et poésie, il se livre avec courage et passion dans l’exercice périlleux et sublime de la fascination.

La rencontre avec un jeune acrobate (Abdallah Bentaga) dont il est amoureux inspira ce texte, Le Funambule, à Genêt. L’auteur convoque l’univers circassien tout comme la corrida pour écrire un manifeste original sur la création artistique qu’il définit comme l’expérience du vide, du danger et de la solitude. Pour monter ce texte qui se présente à la fois comme une cérémonie sacrée, un jaillissement du désir et une danse de mort, Angelin Preljocaj a naturellement choisit la forme du solo pour faire écho à l’être au monde de l’artiste décrit comme un homme profondément solitaire.

Le corps du danseur s’inscrit dans la blancheur épurée de la belle scénographie de Constance Guisset. Le mouvement et la parole forment harmonieusement un même langage particulièrement expressif. Le spectacle est ponctué de jolies trouvailles aux effets hypnotiques comme un jeu avec un miroir ou des ombres chinoises et la gestuelle ne sert jamais d’illustration pâle de ce qui est dit mais a été composée plutôt comme une transcription charnelle, sensible et sensuelle, du propos. Preljocaj s’investit entièrement au service du texte qu’il dit simplement, avec une voix calme, légèrement voilée, mélodique, et engage tout son corps, souple ou tendu, continuellement en équilibre.

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Christophe Candoni
Christophe est né le 10 mai 1986. Lors de ses études de lettres modernes pendant cinq ans à l’Université d’Amiens, il a validé deux mémoires sur le théâtre de Bernard-Marie Koltès et de Paul Claudel. Actuellement, Christophe Candoni s'apprête à présenter un nouveau master dans les études théâtrales à la Sorbonne Nouvelle (Paris III). Spectateur enthousiaste, curieux et critique, il s’intéresse particulièrement à la mise en scène contemporaine européenne (Warlikowski, Ostermeier…), au théâtre classique et contemporain, au jeu de l’acteur. Il a fait de la musique (pratique le violon) et du théâtre amateur. Ses goûts le portent vers la littérature, l’opéra, et l’Italie.

2 thoughts on “La beauté irradiante du Funambule de Genêt par Angelin Preljocaj”

Commentaire(s)

  • Amelie Blaustein Niddam

    Avec le temps, Preljocaj danse vraiment comme Cuningham, la chorégraphie est sublime. Force des détails , mouvements des bras si expressifs…quel spectacle!
    quelle belle critique aussi :)

    mai 6, 2011 at 18 h 38 min

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