Théâtre

LE JOUR OÙ J’AI APPRIS QUE J’ÉTAIS JUIF ! de et avec Jean Francois Derec

LE JOUR OÙ J’AI APPRIS QUE J’ÉTAIS JUIF ! de et avec Jean Francois Derec

29 octobre 2018 | PAR David Rofé-Sarfati

Jean-Francois Derec est un homme singulier et sa bio, ici mise en mots et en scène nous captive. Celui qui découvre par hasard qu’il est Juif n’aura jamais cessé d’être dans cette sidération et cette interrogation, Il lègue dans la pièce Le Jour où J’ai Appris que J’étais Juif au Petit Montparnasse adaptée de son roman  éponyme, son débat intérieur et  son sens de l’humour.

A Grenoble. le petit Derec a 10 ans et la belle Christine 11 ans, elle  lui  propose de lui montrer ses seins s’il baisse mon pantalon. Timide, il décline la proposition. Je sais pourquoi tu ne veux pas me le montrer. Parce que tu es juif et que tu as le zizi coupé en deux ! lui lance-t-elle.

Il reçoit l’information d’être juif comme une insulte un handicap une honte et un terrible défaut. Il l’évalue aussi comme un secret à protéger, à taire à sa mère même. Voici la première question de cette pièce à la  forme d’une introspection; comment cacher à sa propre mère que vous êtes juif? On l’aura compris. Jean François Derec, piquant dialecticien partage avec nous son introspection narcissique, à la façon d’un Woody Allen grenoblois, et dévoile à l’instar de celui-ci une parfaite maîtrise du sens de l’humour juif, un humour construit d’autodérision et de logique paradoxale. 

Armé de cet humour atavique il raconte durant une heure 15 si vite passé son histoire personnelle et nous traversons, c’est la deuxième richesse du spectacle,  la grande histoire du vingtième siècle. La mise en scène minimaliste transforme Derec en le personnage de Derec, un personnage analogique de nous tous, confrontés que nous sommes très jeunes à une singularité prétentieuse et néanmoins inquiétante. Un très joli spectacle sensible et drôle.

LE JOUR OÙ J’AI APPRIS QUE J’ÉTAIS JUIF !
Auteur Jean-François DEREC
Mis en scène : Georges LAVAUDANT
Au Théâtre du Petit Montparnasse
A partir du 25 octobre

 

« Conséquences d’une disparition » de Christopher Priest : 11 septembre, fake news ?
Haegue Yang, Nedko Solakov et Erik Dietman, trois artistes exilés jouent avec les temps et les couleurs à La Panacée
David Rofé-Sarfati
David Rofé-Sarfati est Psychanalyste, membre praticien d'Espace Analytique. Il se passionne pour le théâtre et anime un collectif de psychanalystes autour de l'art dramatique www.LautreScene.org. Il est membre de l'APCTMD, association de la Critique, collège Théâtre.

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *