Théâtre

Joël Pommerat met en scène son adaptation de Pinocchio

10 décembre 2010 | PAR Christophe Candoni

Aux Ateliers Berthier, Joël Pommerat présente en alternance deux spectacles jeunes publics : Pinocchio et Le Petit chaperon rouge qu’il adapte pour la scène.

La force du Pinocchio de Pommerat est la vision qu’il propose du célèbre pantin de bois sorti d’un arbre mort. Le spectacle parle avec justesse d’une jeunesse d’aujourd’hui et universelle. Derrière le grimage irréel que porte la comédienne Anne Rotger au visage blafard et aux traits surlignés en noir façon gothique, c’est un jeune pré -adolescent contemporain plus vrai que nature qui se présente à nous. Le metteur en scène le regarde avec bienveillance et décrit si bien les emportements, les colères du garçonnet, son appétit de tout connaître, son attirance par la désobéissance conduit par la seule utopie dérisoire du paraître et du posséder. Ce Pinocchio est un rêveur qui n’a pas envie de travailler mais veut être riche et s’amuser ! Il est aussi tête à claque qu’attachant.

Visuellement très beau, le spectacle ravit tout les publics par son atmosphère nocturne et onirique de fumées vaporeuses, de sons lointains, d’images troubles. Pommerat a un goût pour l’inquiétant, l’horrible, il veut émerveiller et faire peur. Plongé dans une obscurité tenue, on passe d’un cabaret miteux aux fonds maritimes, c’est éblouissant. On se laisse surprendre par l’apparition des éléments scénographiques comme par magie, rien n’est prévisible dans ce spectacle tant la machinerie reste invisible.

En revanche, la construction hachée de la pièce n’aide pas à entrer dans l’histoire et la discontinuité dans l’enchainement des séquences très courtes rend la narration peu fluide. Étrange et drôle, Pinocchio est ici à l’école de la vie, pour l’amour et le malheur de son père, Gepetto, l’ « homme âgé » curieusement presque réduit à de la figuration.

 

 

 

 

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Christophe Candoni
Christophe est né le 10 mai 1986. Lors de ses études de lettres modernes pendant cinq ans à l’Université d’Amiens, il a validé deux mémoires sur le théâtre de Bernard-Marie Koltès et de Paul Claudel. Actuellement, Christophe Candoni s'apprête à présenter un nouveau master dans les études théâtrales à la Sorbonne Nouvelle (Paris III).Spectateur enthousiaste, curieux et critique, il s’intéresse particulièrement à la mise en scène contemporaine européenne (Warlikowski, Ostermeier…), au théâtre classique et contemporain, au jeu de l’acteur. Il a fait de la musique (pratique le violon) et du théâtre amateur. Ses goûts le portent vers la littérature, l’opéra, et l’Italie.

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