Théâtre

Jean Moulin, fiction historique de Jean-Marie Besset au Dejazet

Jean Moulin, fiction historique de Jean-Marie Besset au Dejazet

23 octobre 2018 | PAR David Rofé-Sarfati

Au Théâtre Dejazet  la pièce Jean Moulin de Jean Marie Besset, présentée comme une fiction historique constitue une salutaire messe d’un évangile républicain doublée d’une authentique leçon d’histoire contributive et édifiante.

En juin 1940, les Allemands déferlent sur la France, pourchassant une armée française en déroute. À Chartres, un préfet entre dans l’histoire. Jean Moulin, préfet de 40 ans comprend très vite que la libération du pays ne pourra venir que du Général de Gaulle et des Français de Londres. Lui homme de gauche s’allie  à un De Gaulle homme de droite  pour sauver  la France et son honneur. Au terme d’une journée de torture, il tente de se suicider plutôt que d’attester un compte rendu où les Allemands accusent des tirailleurs sénégalais d’atrocités sur des civils.

Jean-Marie Besset écrit en quatre actes les chroniques de cette époque cruciale autour de la vie et la mort héroïque de Jean Moulin.  Quatre temps 1940, Invasion, 1941, Résistance, 1942, Organisation, 1943, Passion, où l’on croise De gaulle, Klaus Barbie, les résistants qui vendront Moulin aux Allemands. Ou nous croiserons des femmes lumineuses (Sophie Tellier, Laure Portier et Loulou Hanssen sont merveilleuses chacune dans leur emploi) qui, presque anonymes, écriront elle aussi l’histoire.

On reconnait la plume de Besset; le texte  est magnifiquement littéraire. Il fonde notre bonheur à assister à la représentation. Les comédiens sont engagés et poussent leur proposition avec talent. Les personnages féminins sont admirables. De Gaulle (Stéphane Dausse) est plus vrai que nature et Jean Moulin (Sébastien Rajon sait défendre ce rôle complexe) se construit devant nous avec ses aspérités ses grandeurs et son mystère. Interprétant celui qui deviendra pour le pays une métaphore il tricote son personnage dans l’inconnu de sa dimension affective et social, collant et dessillant alternativement la figure du héros. .

Le geste aurait été excellent sans une scénographie vieillotte et éprouvante cependant que la pièce brille par la beauté du texte dont son ambiguïté au diapason de cette époque troublée, une ambiguïté parfaitement restituée dans le jeu des comédiens.  

Crédit photo : Lucas Dubosc

Jean Moulin

de Jean Marie Besset

au Théâtre du Dejazet

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David Rofé-Sarfati
David Rofé-Sarfati est Psychanalyste, membre praticien d'Espace Analytique. Il se passionne pour le théâtre et anime un collectif de psychanalystes autour de l'art dramatique www.LautreScene.org. Il est membre de l'APCTMD, association de la Critique, collège Théâtre.

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