Théâtre

J’aime Valentine mais bon… de Rudy Milstein au Théâtre Lepic.

J’aime Valentine mais bon… de Rudy Milstein au Théâtre Lepic.

26 décembre 2018 | PAR David Rofé-Sarfati

Le 13 théâtre, rebaptisé Théâtre Lepic présente dans sa nouvelle grande salle plus aérée et plus confortable, un succès du OFF d’Avignon, J’aime Valentine mais bon… de Rudy Milstein. L’inauguration par cette comédie tendre du lieu réaménagé est une double bonne surprise. 

Après travaux, le Ciné XIII Théâtre se rebaptise au 19 Décembre 2018 Théâtre Lepic. Les sièges flambants neufs sont plus confortables dans une salle plus accueillante. L’équipe autour de Salomé Lelouch a fait le choix de l’artiste associé.  Pour toute la saison, Mikaël Chirinian  sera auteur, acteur et/ou metteur en scène pour chaque pièce présentée. Pour cette réouverture, il signe brillamment la mise en scène de J’aime Valentine mais bon… . Viendront ensuite Chatons violents puis L’ombre de la baleine. 

Pour J’aime Valentine mais bon…, Rudy Milstein reprend son personnage de anti héros inauguré par Les Malheurs de Rudy, une composition réussie de Martin Veyron, Jerry Seinfeld et Woody Allen. 

 

Valentine tombe amoureuse de son camarade Idal qui tombe amoureux de Valentine. L’équation serait parfaite et l’intrigue s’épuiserait là si Idal n’était pas un Juif attaché à son histoire, Valentine une non Juive et l’ancien amant de Valentine un musulman. L’intrigue est fait de ce noeud. Le personnage de Idal ne se demandera jamais pourquoi faire simple lorsqu’on peut faire compliqué, car Idal est consubstantiellement un homme compliqué. plus compliqué même que ses chroniques amoureuses.  Il est aussi attachant qu’insupportable, aussi timide que téméraire. Valentine nourrit un amour frais et sincère pour Idal. Tandis que Marc/Karim traverse l’intrigue comme l’ange régulateur du  désordre de la volonté de Idal. 

La pièce est drôle par un texte brillant. Les gags et les bons mots se succèdent au rythme soutenu tandis que le décor accompagne la danse des mots. La force du spectacle est dans cette cadence des blagues et des rires du public. Elle réside aussi dans ce miracle et ce génie d’avoir su offrir aux trois protagonistes pluriels et complexes un trait univoque, fabriquant des personnages ciselés et entiers à la façon de figures de bande dessinée.  Elle se constitue enfin et surtout par le jeu des trois comédiens qui inventent des êtres si proches de nous cependant qu’imaginaires. L’interprétation en plein et en déliés  de  Farid Bouzenad est admirable. Agnès Miguras, applaudie récemment dans Qui a peur de Virginia Woolf,  défend avec un talent qui ne s’épuise pas une Valentine hilarante. Rudy Milstein pousse avec brio un personnage singulier et pourtant universel dont on attend déjà avec impatience le troisième chapitre de son histoire. 

 

 

 

J’aime Valentine mais bon… de Rudy Milstein
mise en scène  de Mikaël Chirinian
avec  Rudy Milstein, Agnès Miguras, Farid Bouzenad
scénographie Natacha Markoff
lumières Denis Koransky
musique Pierre Antoine Durand
collaboration artistique Julien-Benoît Birman

 

 

Infos pratiques

Association notoire
Lavoir moderne parisien
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