Théâtre

Jacques Mougenot au théâtre du Ranelagh

Jacques Mougenot au théâtre du Ranelagh

30 mars 2012 | PAR Sandrine et Igor Weislinger

Si vous n’avez pas encore été au théâtre du Ranelagh, c’est le moment où jamais d’y aller. D’abord parce que c’est une des plus belles salles de Paris avec ses boiseries splendides et son foyer d’accueil avec une exceptionnelle cheminée de style Renaissance, ensuite, parce que cette pièce est la plus surprenante, la plus indescriptible, la plus malicieuse et la plus drôle que nous ayons vue de longtemps.

Nous avons récemment couvert l’excellent livre de Jacques Mougenot concernant la très fameuse affaire Dussaert (voir notre article) et nous nous délections d’avance de voir la représentation. Jacques Mougenot, bien que seul sur scène, réussit le prodige de nous surprendre à chaque instant par son excellente élocution, ses poses, sa manière de jouer avec les mots et ses projections de toiles qui créent un suspense franchement réjouissant. Quand on dit d’une personne qu’elle est partie de rien et a réussi à la force du poignet, ce qualificatif ne saurait être mieux approprié qu’à cette pièce qui surgit sur scène comme un raz de marée de sensations, d’émotions et de coups de théâtre, nous tenant en haleine à chaque instant.

Pour ceux qui n’ont pas encore entendu parler de l’étonnante affaire Dussaert, c’est l’aventure d’un homme, véritable ovni dans l’univers de l’art contemporain qui va en vingt œuvres seulement révolutionner la composition picturale en créant des peintures qui s’inspirent des toiles les plus célèbres: il nous livre donc Après la Joconde, Après le bain de Diane, Après La Pie….en mettant au devant de son tableau le second plan des toiles choisies. C’est ainsi que la Joconde devient un abrupte paysage montagneux devant lequel on a peine à imaginer le sourire lumineux de Mona Lisa. Toutes ces toiles ont bien entendu un certain retentissement mais rien à voir avec le tintamarre que suscitera la dernière Après tout qui expose le néant, préfigurant la mort de l’artiste, nous mettant face à notre réalité de mortels, de la poussière qui finira dans l’air ou en terre. De ce rien naît l’affaire la plus invraisemblable et la plus unique de l’art contemporain que nous ne vous raconterons pas car nul mieux que Jacques Mougenot n’excelle dans cet art du récit, nous suspendant à ses lèvres et nous faisant, l’air de rien, vivre une aventure artistique unique.

Autant vous prévenir tout de suite, après avoir vu cette pièce , vous ne regarderez plus aucune œuvre contemporaine de la même manière. La pièce la plus drôle du mois d’avril et ce n’est pas un poisson.

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Sandrine et Igor Weislinger

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