Théâtre
IRMAR aux Inaccoutumés – Les Choses : quels Enjeux pour un Bilan les concernant ?

IRMAR aux Inaccoutumés – Les Choses : quels Enjeux pour un Bilan les concernant ?

06 décembre 2012 | PAR Smaranda Olcese

Les Inaccoutumés, festival hors-norme qui brasse les propositions les plus audacieuses de la scène contemporaine, s’offre pour cette nouvelle édition le « Bilan » de l’IRMAR, occasion de revenir sur les conventions du spectacle vivant à la lisière des musiques bruitistes et de l’installation plastique, dans une écriture scénique subtile, minimaliste, et pleine d’humour.

 

IRMAR, l’Institut des Recherches Menant A Rien, l’intitulé du collectif représente déjà en soi tout un programme. Aux origines de ce projet artistique, qui a vu le jour en 2007, il y a un intérêt marqué pour la musique concrète et industrielle et pour les écrits des situationnistes et de John Cage. Sa pièce Discours on Nothing (1959) fonctionne comme manifeste du groupe qui y puise, outre la pulsion pour le Rien (présent dans sa dénomination), le gout pour une plongée radicale dans la plasticité du langage, ses rythmes et pauses, affranchie de la nécessité d’un sens univoque.

Après de multiples déclinaisons dans une série de Discours sur Rien, les membres d’IRMAR ont pris les choses à bras le corps, se sont focalisés sur les failles du réel, les conventions et habitus qui le construisent, pour toucher du bout des doigts à la factualité du monde. Ainsi Du caractère relatif de la présence des choses, remarqué au T2G dans le cadre du Festival tjcc 2012, ou encore pour aller plus loin dans cette démarche, Le Fond des Choses : Outils, Oeuvres et Procédures, des pièces fragiles et sensibles, procèdent à chaque fois d’une méthode apparentée à la réduction phénoménologique chère à Merleau-Ponty.

Les Choses : quels Enjeux pour un Bilan les concernant ?, créée en 2010 au Festival Imaginez Maintenant à Marseille, se donne comme une mise au point, un retour sur des années de recherches et garde intacte son actualité et sa pertinence. Sa forme de conférence, au premier abord posée, autour d’une table, dans un dispositif frontal, est minée dès le départ. Des regards de biais, en connivence, dans le miroir qui couvre un des murs de la petite salle sous la verrière de la Ménagerie, introduisent un écart faisant signe vers les conventions du cinéma muet. Des trafics sous la table transforment cet unique élément de décor en véritable chapeau de magicien, qui ménage, outre les apparitions/disparitions incongrues et étonnantes par la sincérité des « trucs » low-fi employés, une radicale et permanente mise en question des lois de causalité entre les phénomènes et micro-événements qui s’y produisent.

Tels des laborantins rigoureux et fantasques à la fois, les quatre membres de l’IRMAR se livrent à des expériences qui dégagent de nouveaux enjeux dans les relations toujours mouvantes entre objets, sons, performeurs et public, enclenchées par la circulation des regards et de la musique concrète. Des associations arbitraires font déraper les protocoles d’un exposé universitaire et la logique bien rodée d’un colloque de team building si spécifique au monde de l’entreprise, ouvrent la brèche d’une pensée magique à l’aune de la technologie électronique. Tout devient possible : la boite noire mécanisée et apparemment autonome qui lançait tout à l’heure d’abondants messages sur des feuilles de papier vierges, vient au final éclater l’installation métallique et poétique évoquant l’art et l’océan (dixit le texte de présentation de la pièce) alors qu’on nous raconte l’histoire du pommier sauvage ! Un humour pince sans rire et une fantaisie bien débridée nous ramènent au plus près des choses de la création artistique, c’est le seul Bilan à retenir d’IRMAR et des Inaccoutumés dans son ensemble.

L’Assassin du Tsar avec Malcolm McDowell sort en Dvd
La tisseuse de nuages d’Ingrid Chabbert et Virginie Rapiat
Smaranda Olcese

One thought on “IRMAR aux Inaccoutumés – Les Choses : quels Enjeux pour un Bilan les concernant ?”

Commentaire(s)

  • oui , que de souvenirs, d’e9motions, et de bons motmens passe9s e0 Richmond Park. J’e9tais e0 cent yards de penser que tu avais garde9 en me9moire le parfum du mousseron dont nous nous sommes de9lecte9s pendant quelques lustres apre8s notre retour de Londres…je serais curieux de connaitre cette recette qui me parait tre8s photoge9nique (la saison e9tant bien entame9e, ce sera pour plus tard).Je te fe9licite pour cette cre9ation qui aiguise non seulement ma curiosite9 mais celle de mamman.- en annexe : je ne sais pas si tu te souviens e9galement des morilles de Moscou, ce doit etre flou pour toi…

    décembre 14, 2012 at 11 h 26 min

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