Théâtre

[Interview] Nicolas Bouchaud, « Le Méridien »

[Interview] Nicolas Bouchaud, « Le Méridien »

15 octobre 2015 | PAR Matthias Turcaud

Après le critique Serge Daney en 2011, Nicolas Bouchaud porte à la scène avec Le Méridien le discours qu’a tenu le poète Paul Celan lorsqu’il a reçu, en 1960, le prestigieux prix Georg Büchner. Rencontre.

Quel a été le point de départ du Méridien ?

C’est un texte que j’ai lu en 2002 et qui, comme certains textes, est resté, parce qu’il a été important pour moi quand je l’ai lu, et quand il s’est agi de trouver un projet, eh bien c’est ce texte-là qui est ressorti, un texte sur l’art et la poésie.

A quel public vous adressez-vous avec ce texte ?

J’espère à tous. Ce que j’aime bien dans ce projet et dans le discours qu’a prononcé Celan en 1960 quand il a reçu le prix Büchner, qui est le prix littéraire le plus prestigieux en Allemagne, Celan, poète juif roumain, s’avance en 1960 sur la scène allemande avec son prix Büchner, et on imagine qu’il a beaucoup de choses à dire à ces Allemands. J’espère que le texte peut toucher tout le monde et j’espère qu’il touche tout le monde, parce qu’il a une qualité énorme, c’est qu’il est tout à fait intempestif ; c’est-à-dire qu’il n’est pas dans nos préoccupations, la poésie ça n’est pas dans nos préoccupations, et pourtant, parce que ce n’est pas dans nos préoccupations, je pense qu’il peut toucher plus profondément.

Comment vous est venue l’idée de la scénographie ?

Ce sont des processus qui mettent un certain temps à se chercher, à se trouver. C’est venu au cours des mois qui ont précédé les répétitions. Le discours de Celan, je l’ai toujours perçu comme un chemin que Celan faisait, en prenant les gens par la main, en commençant à un point de départ et en terminant à un point d’arrivée et que ce discours c’était une marche, un chemin. La toile de fond de montagne c’est aussi l’idée de la marche, et puis c’est aussi un clin d’oeil ou une référence à un texte qui est très présent dans le discours, qui est Lenz de Büchner, et donc à la marche de Lenz dans les Vosges.

Ce n’est pas le premier monologue que vous faites : vous aviez fait par exemple la Loi du Marcheur d’après l’Itinéraire d’un cinéfils de Serge Daney. Qu’est-ce qui vous plaît dans le seul en scène ?

Ce qui me plaît avant le seul en scène c’est de pouvoir travailler sur des textes qui a priori ne sont pas des textes de théâtre. Il se trouve que le premier, Serge Daney, nécessitait la présence d’un acteur ; et puis après on en a fait un deuxième et puis après on s’est dit qu’on en ferait un troisième pour faire une espèce de trilogie, de triptyque. Donc ce n’est pas d’abord une espèce de vocation d’être seul en scène, mais c’est l’envie, le désir de porter des projets qui ne sont pas des projets avec des textes théâtraux et qui constituent à chaque fois des défis. Alors peut-être suis-je seul en scène pour l’instant, car je n’ai pas envie de partager avec quelqu’un d’autre les affres de ce que peut être la création de tels spectacles quand on part de tels textes.

Propos recueillis le 14 octobre dans la loge de l’espace Grüber, au TNS, 18 rue Jacques Kablé, 67000 Strasbourg. 

Crédit photo : Jean-Louis Fernandez.

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Matthias Turcaud
Titulaire d'une licence en cinéma, d'une autre en lettres modernes ainsi que d'un Master I en littérature allemande, Matthias, bilingue franco-allemand, est actuellement en Master de Littérature française à Strasbourg. Egalement comédien, traducteur ou encore animateur fougueux de blind tests, il court plusieurs lièvres à la fois. Sur Toute La Culture, il écrit, depuis janvier 2015, principalement en cinéma, théâtre, ponctuellement sur des restaurants, etc. Contact : [email protected]

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