Théâtre

Ibsen Huis, Simon Stone fait tourner sa maison hantée sur le Festival d’Avignon

Ibsen Huis, Simon Stone fait tourner sa maison hantée sur le Festival d’Avignon

16 juillet 2017 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Simon Stone, artiste associé de L’Odéon, fait son entrée au Festival d’Avignon avec un spectacle coup de poing, Ibsen Huis. Un décor-acteur dément tourne en tourbillon jusqu’aux enfers pour nous raconter l’histoire de la famille Kerkman, campée par la troupe du Toneelgroep. Un choc.

Tout commence en août 1974, une jolie blonde prépare à manger. On la voit bien car toute la maison est en verre. Tout, tout est à vue. En Nora du XXe siècle, elle s’apprête à quitter le foyer pour rejoindre un autre. Dans le décor figé années 1960, année 1964 plutôt, date à laquelle maison a été construite, mais ça on le saura plus tard, on saura tout. Tout.

Lena (Claire Bender,  Maria Kraakman) est cette blonde prête au départ qui ne partira pas, qui reviendra vivre dans cette maison.  Alors, tout se met à tourner. La maison tourne, tourne, sans cesse, laissant apparaître une chambre d’enfant et un bureau en plus du grand salon et de la mezzanine. Et quand elle tourne, le temps fait des pas en arrière ou en avant.

De 1964 à 2017, dans le désordre chronologique, nous allons rencontrer toute la famille : Cees  (Hans Kesting, comédien phare Ivo van Hove) et sa femme Johanna  (Maria Kraakman, Celia Nufaar) qui sont les parents de Lena et Sébastien (David Roos, Maarteen Heijmans), l’oncle Daniël (Bart Klever, Aus Greidanus jr), la cousine Caroline (Janni Goslinga, Eva Heijnen) …

Nous circulons donc dans le temps, avec des moments où les voix se mêlent un peu pour dire que le passé reste toujours un présent. Ici, les murs ont des oreilles et des yeux.  Il y a des secrets de famille criminels que même le feu ne peux pas effacer.

Pensée en trois parties : le paradis, le purgatoire et l’enfer, la pièce Ibsen Huis nous entraîne de la lumière à la noirceur. Des vivants aux fantômes. Car ici, personne ne meurt jamais vraiment et les silences sont hurlants.

Plus le spectacle avance plus les questions se posent, plus l’urgence d’avoir une réponse devient ardente. Pourquoi Caroline n’a t-elle pas mis les pieds à la maison depuis 30 ans. Pourquoi Lena est-elle psychiatre ? Pourquoi Fleur pleure-t-elle ? Pourquoi Daniël ne veut-il pas être reconnu comme le constructeur de la maison ?

On s’enfonce dans le dark, dans un tourbillon symbolisé par cette maison hantée qui ne cesse de tourner sur elle-même, comme si elle était le ventre dans lequel toutes les bêtes immondes et tous les drames allaient être fécondés. La pièce explose dans sa dernière partie, où plus que jamais s’entrechoquent les vivants et les morts dans ce drame du XXIe siècle qu’Enrik Ibsen aurait pu écrire.

 Jusqu’au 20 juillet dans la Cour du Lycée Saint Joseph- 21h-Durée 3H45.

Visuel : (c) Christophe Raynaud De Lage

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