Théâtre

Huis Clos au Théâtre de Poche Montparnasse

Huis Clos au Théâtre de Poche Montparnasse

10 novembre 2014 | PAR Carlos Dominguez-Lloret

Du 28 octobre au 11 janvier venez au Théâtre de Poche Montparnasse et plongez au cœur de Huis Clos et de l’enfer sartrien grâce à la mise en scène de Daniel Colas. 

[rating=4]

Huis Clos est une pièce de théâtre en un acte écrite par Jean-Paul Sartre à la fin de l’année 1943 et représentée pour la première fois le 27 mai 1944 au théâtre du Vieux-Colombier, à Paris. Selon Daniel Colas, la pièce est véritablement intemporelle car elle touche à la question de la recherche et de l’affirmation de l’« être ». Le metteur en scène a voulu ainsi une scénographie dépouillée et réduite à l’essentiel afin d’éviter tout effet parasite qui détournerait le spectateur de l’essentiel.

Trois inconnus se retrouvent dans une même pièce délabrée. Trois fauteuils blancs et dans un coin, un bronze de Barbedienne fixe d’un regard profond les mots et les gestes des condamnés. Ils ne se connaissent pas et venant de milieux très différents leur rencontre est marquée par la dictature de la différence. Leurs goûts et leurs convictions ne sont pas du tout les mêmes et cela les rend vulnérables à l’égard de l’autre.

À l’intérieur de cette chambre noire, les personnages n’ont plus de possessions car la mort les a dépouillé de tout ce qu’ils avaient sur terre. C’est ainsi que dans ce procès à huis clos ils deviennent le miroir de l’autre. Chacun des trois personnages juge et est jugé sur les actes qui composent son existence. C’est ainsi que Garcin, journaliste, Inès, employée des Postes et Estelle, une riche mondaine, se voient condamnés pour toute l’éternité à cette altérité qui envahit la conscience et qui pollue la connaissance de soi.

Pour Jean-Paul Sartre, l’enfer c’est le regard que portent sur nous les autres du fait de l’image que nous leur renvoyons. Pour le philosophe, « l’enfer, c’est les autres! » Dans un extrait de « Un théâtre de situation » Sartre explique que « Quoi que je dise sur moi, toujours le jugement d’autrui entre dedans. Nous nous jugeons avec les moyens que les autres ont, nous ont donné de nous juger. Quoi que je sente en moi, le jugement d’autrui entre dedans. Ce qui veut dire que, si mes rapports sont mauvais, je me mets dans la dépendance d’autrui. Et alors en effet je suis en enfer. »

Pour ce qui concerne l’interprétation de la pièce, il faut bien dire que les trois personnages sont magistralement interprétés par Daniel Colas, Marianne Épin et la sublime Mathilde Penin. Mathilde Penin joue avec force le rôle de Estelle, femme adultère et infanticide, et prend vite contrôle des planches pour délivrer une interprétation qui rend l’équilibre parfait à la mise en scène de Colas. 

Visuels © affiche de Huis Clos

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