Théâtre
« Huis » au Festival Next

« Huis » au Festival Next

24 novembre 2014 | PAR Audrey Chaix

Présenté l’été dernier en Avignon, le Huis de Josse de Pauw est l’un des temps forts du NEXT Festival. Sur le grand plateau de La rose des vents, De Pauw réunit deux courtes pièces de Michel Ghelderode, Le Cavalier bizarre et Les Femmes au tombeau. Dans la première, six vieillards voient arriver la Mort dans l’hospice qui les héberge, et sont prêts à tout pour lui échapper, y compris lui sacrifier un petit enfant. Dans la seconde, la mort est déjà passée pour emporter le Christ, laissant seules et désemparées les femmes qui l’ont côtoyé. Deux œuvres profondément symboliques, qui mêlent aussi bien croyances populaires que christianisme, et dont De Pauw propose une lecture qui ne nous a pas vraiment convaincus. 

Huis commence par l’histoire de six vieillards qui, entendant la Mort arriver, tentent par tous les moyens de lui échapper avant de célébrer leur victoire par une nuit de fête – alors que c’est un petit enfant que la Faucheuse a emmené à leur place… Sur le plateau nu, les six hommes, vêtus de chemises de nuit, apparaissent comme des fantômes, au son d’un musique solennelle composée par Jan Kuijken, et qui habille très bien la pièce. Cependant, difficile de se laisser happer par ce conte folklorique malgré une esthétique très travaillée, qui rappelle les jeux d’ombre et de lumière des maîtres flamands. Le rythme, très lent, souffre d’un schéma de répétition, dans le texte aussi bien que dans les situations, ce qui semble créer une boucle dans laquelle on se perd vite.

La deuxième partie de la pièce est plus longue, et plus travaillée dans le narratif. Dans un intérieur où se trouvent une sage-femme et une croque-mort, les femmes qui ont côtoyé le Christ se succèdent et se rencontrent, alors que Lui a fini d’agonir sur la croix. Marie-Madeleine, Marthe, Véronique… et bien sûr Marie, la dernière à apparaître alors qu’elle traverse le plateau à quatre pattes, répétant avec désespoir que c’est son fils qui vient de mourir. Cette seconde partie, à laquelle assistent les vieillards assis à côté du plateau, coiffés de chapeaux de cotillon, a plus de substance et de profondeur que la précédente, et chant et danse y sont plus mêlés pour créer ce théâtre musical qui est la patte de Josse de Pauw. Cependant, comme pour la première partie, cela ne fonctionne pas, sans doute parce que la forme, très travaillée, crée une distance entre le plateau et le public sur un texte qui est cannibalisé par une musique de plus en plus présent.

Nous sommes ainsi restés sur le côté du plateau pour ce Huis qui manque de souffle et de sens pour vraiment nous convaincre, alors même que la proposition esthétique de Josse de Pauw souligne un véritable travail de recherche et de réappropriation du texte de Michel Ghelderode.

Huis sera les 28 et 29 novembre prochains au Maillon de Strasbourg, puis à l’Hippodrome de Douai les 14 et 15 avril 2015.

Photo : © Kurt Van der Elst

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