Théâtre

Hommage à Miss Nina Simone au Lucernaire 

Hommage à Miss Nina Simone au Lucernaire 

14 mai 2018 | PAR Marie Boëda

Nina Simone revit au Théâtre du Lucernaire jusqu’au 2 juin. D’après le roman de Gilles Leroy, la pièce retrace la fin de vie triste de la célèbre chanteuse. 

Le livre de Gilles Leroy « Nina Simone, roman » parcourt la vie de la chanteuse et l’imagine se confier à Ricardo, un intendant imaginaire philippin qui va lui tendre la main pendant quelque temps. A travers ce personnage fictif, la vie de Nina Simone, ses craintes, ses frustrations sont dépeintes. La musicienne aurait voulu être reconnue comme une musicienne classique mais sa couleur de peau l’a résolue à se plonger dans d’autres styles de musique tels que le jazz, le blues, le soul, le folk, le gospel… Cette déception, elle la jette aux visages des journalistes impressionnés et inconscients comme lorsqu’un journaliste l’enferme dans le genre du jazz, elle lui rétorque que c’est seulement parce qu’elle est noire que ce style lui est si facilement attribué. Née en Caroline du Nord, en 1933, son combat pour la cause noire n’a jamais cessé. Refusée jeune de l’Institut Curtis, elle comprend vite qu’elle ne deviendra pas la première concertiste classique noire américain.

Le but de l’interprétation de Jina Djemba n’est pas de reproduire Nina Simone. Ce serait impossible et forcément décevant. Le pari est plutôt réussi, elle revisite ses chansons avec le musicien qui joue de tout sur scène. Un bel hommage aux compositions inoubliables de la chanteuse. Un bémol pourtant, l’enchaînement de la pièce contient quelques longueurs, on ne sait pas toujours où on va.

C’est surtout la solitude que raconte la pièce, solitude d’une femme en quête d’amour et de reconnaissance, malheureuse et méfiante qui se noie dans l’alcool. Atteinte d’un cancer et diagnostiquée bipolaire, elle meurt seule dans le sud de la France le 21 avril 2003. Le décor est toujours sombre, comme dans une chambre aux volets perpétuellement clos. Eunice de son vrai prénom a besoin de raconter à Ricardo son passé, son enfance protestante, son génie découvert dès l’âge de 2ou 3 ans, son premier récital à 11 ans, où ses parents subissent la ségrégation raciale du public. Elle refuse de continuer à jouer. Elle se fait appeler Nina car on l’appelait niña et Simone pour Simone Signoret. On termine sur une touche musicale rassurante et ensoleillée, avec la chanson Feeling good, chantée pour la note finale par Nina Simone.

(c) Samy La Famille

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Marie Boëda

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