Théâtre
Henry Miller et Anaïs Nin brûlent les planches de la Manufacture des abbesses

Henry Miller et Anaïs Nin brûlent les planches de la Manufacture des abbesses

12 novembre 2016 | PAR Araso

Dans A comme Anaïs, la metteure en scène suisse Françoise Courvoisier porte au théâtre la Correspondance Passionnée de Anaïs Nin et Henry Miller. Un peu plus d’une heure pour faire revivre deux monstres sacrés, l’une séductrice romantique visionnaire, l’autre amoureux de la vie en passe de devenir l’un des romanciers majeurs du Xxème siècle. Les interprétations d’Olivia Csiky Trnka et Frédéric Landenberg peignent le tableau vivace de leurs amours. 

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«J’ai rencontré Henry Miller» annonce une Anaïs Nin radieuse. Dès ses débuts leur histoire trahit la fougue qu’ils auront l’un pour l’autre, un engouement littéraire et amoureux. A cette époque, l’américaine Anaïs Nin mène une existence bourgeoise dans une maison cossue de Louvetienne en région parisienne.  Mariée à un banquier, elle s’attèle à une intense production littéraire à base d’un journal intime et d’un essai sur D H Lawrence, l’auteur controversé de L’Amant de Lady Chatterley. On est juste après sa rencontre avec June Miller, la femme d’Henry, qui la fascine autant qu’elle l’effraie et auprès de laquelle elle s’est découvert une autre sexualité.

Henry Miller travaille dans un journal à Paris. Il vit dans une petite chambre au confort spartiate, théâtre de sa passion pour Anaïs Nin. Il est magistralement interprété par Frédéric Landenberg, qui réside à Genève et que l’on n’avait pas vu sur les planches parisiennes depuis 2011 et son incarnation hors norme du décapant pasteur dans La Confession du Pasteur Burg d’après Jacques Chessex, déjà à la Manufacture des Abbesses. Il campe un Henry Miller impatient, impétueux, génial et rugueux.

Leurs rapports vont des plus hautes préoccupations littéraires au sexe le plus cru. Anaïs expérimente auprès de Miller dont elle tombe amoureuse, utilise l’argent de son mari pour l’aider dans ses périodes de vaches maigres. Henry Miller exulte auprès d’Anaïs, l’encourage dans son écriture tandis qu’elle annote pour lui ses manuscrits. Ils s’échangent ainsi des lettres enfiévrées, qu’ils s’envoient, se donnent ou se disent. Jusqu’à ce que leurs vies les éloignent, espaçant leur correspondance.

Les amoureux du genre épistolaire seront comblés, les connaisseurs encore davantage. Il n’est toutefois pas indispensable d’avoir lu la correspondance (ils se sont écrit durant plus de vingt ans) pour se laisser porter par la passion de ces deux-là. L’intelligence au sommet, la pensée prolifique, l’amour exploré dans toutes sa richesse sont un spectacle devenu tellement rare qu’il ne faut surtout pas s’en priver.

Visuels © DR

A comme Anaïs, A la Manufacture des Abbesses jusqu’au 21 Décembre 2016

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Camille Hispard

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