Théâtre
Guy Carlier fait un doigt d’honneur à la mort

Guy Carlier fait un doigt d’honneur à la mort

19 octobre 2011 | PAR Thibault Bonnafoux

Depuis une vingtaine d’année, l’homme a fait entendre sa voix dans les micros des principales stations de radios avant des passages sur France Télévisions mais c’est désormais sur scène que Guy Carlier s’épanouit dans un one-man-show étonnant.

Dès la première minute, François Rollin, son metteur en scène et ami, nous prévient par un enregistrement sonore qu’à la moindre obscénité ou à la moindre injure de son poulain s’allumera une lumière. Ne vous attendez pas au clignotement très fréquent du luminaire rouge car Guy Carlier ne casse plus de sucre sur le dos de ces chers peoples (qui font partie de ce que son fils nomme la bétaillère), enfin, disons qu’il ne fait pas que ça. Rassurez-vous il n’a rien perdu de cette fausse méchanceté dont il tirait profit inlassablement sur les plateaux télés il y a de ça quelques temps. D’ailleurs, un fan lui a rappelé dernièrement dans la rue en l’interpellant : « Tu ne dis plus de connerie sur Julien Lepers. Je ne comprends pas. Pourtant il est toujours aussi con… »

Peut-être est-il venu, à désormais soixante ans, le temps de revenir sur sa vie ; ses moments de doute, de joie et d’évoquer ce fardeau qu’il porte depuis si longtemps : son poids. Sur cette petite scène du Studio des Champs Elysées à l’allure de salle de cinéma, Guy Carlier use de son talent de conteur, d’un style très visuel pour nous embarquer avec lui, au loin, dans ses histoires où la chute s’avère toujours cocasse et ponctuée de rires d’un public qui semble fidèle depuis ses débuts.

Pendant une heure et demie très ludique, il joue avec l’actualité, se moque des politiques, de tout et de rien en n’oubliant jamais de glisser ses références musicales (Miles Davis et Otis Redding en tête) sa passion pour le cinéma (de Fellini à Belmondo et Gabin) et de parler de son maître Guy Bedos. L’on sort de ce spectacle avec l’agréable sensation d’avoir partager une tranche de vie d’un homme que l’on connaît finalement si peu. Guy Carlier vaut sans conteste le détour et le plaisir de se perdre dans les couloirs du théâtre de la comédie des Champs Elysées…

 

En annexe, son mot à lui :
« La vie, pour se faire pardonner de m’avoir volé ma silhouette de jeune homme, a exaucé jusqu’ici presque tous mes rêves de gosses. J’ai retrouvé mes idoles, Johnny pour qui j’ai écrit une chanson, et j’ai épousé la fille de Frédéric Dard que je n’ai pas eu le temps de connaître. J’ai fait de la radio, et sur de grandes antennes ; j’ai écrit des livres, j’ai fait de la télévision, je m’y suis même un peu perdu… Il me reste un dernier rêve que François Rollin – encore une idole – m’a aidé à réaliser. Monter sur une scène, aller à la rencontre d’un public de chair et d’os pour y faire le con comme je le faisais devant l’armoire à glace de ma chambre d’enfant. Sauf qu’entre temps, il y a eu ma vie et il y a eu vos vies. Alors, je vais vous parler de tout ça, on va en rire, en pleurer, échanger, partager, en un mot s’aimer, ici et maintenant. Et puisque la vie exauce ce dernier rêve, je lui pardonne de m’avoir volé ma silhouette de jeune homme… »
Guy Carlier

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Thibault Bonnafoux

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