Théâtre
[Francophonies] Un « Acte inconnu » plein de souffle

[Francophonies] Un « Acte inconnu » plein de souffle

29 septembre 2015 | PAR Geoffrey Nabavian

On se laisse parfaitement happer par le langage de Valère Novarina au long de cet Acte inconnu, qu’il a recréé en s’associant à l’auteur-metteur en scène haïtien Guy Régis Jr , pour les Francophonies en Limousin, qui se poursuivent jusqu’au 3 octobre à Limoges.

[rating=4]

L'Acte inconnu« Que vois-tu ? »  La question est dans la bouche de tous les comédiens, au début. Beaucoup répondent : « Des villes ». Sont-ce des villes actuelles, en plein chaos ? Ou des cités futures, aperçues comme au début de l’humanité ?

Nous sommes chez Valère Novarina : les mots tombent en cascade, et ne se constituent pas toujours en phrases. Néologismes ou termes anciens s’invitent à la fête. Peut-on résumer L’Acte inconnu ? On dira plutôt ce qu’on en perçoit. La pièce semble vouloir raconter une histoire des lois humaines, inventées pour juger les actes des hommes. Pour ce faire, elle met en scène une suite de communautés imaginaires. Le verbe peine un peu à nous accrocher, au cours des passages en solo du début. Mais lors du premier moment collectif, l’énergie se déploie : les uns après les autres, les comédiens convoquent des individualités aux noms étranges, avec force.

L'Acte inconnu 2Inutile de dire que le talent de ces interprètes est le coeur du spectacle. On est happés par eux. Par Edouard Baptiste notamment, bondissant et décadent, puis tout à coup très triste. L’accordéon adroitement manipulé par Finder Dorisca vient ponctuer les épanchements verbaux. Parfois accompagné par les comédiens, qui nous offrent de bien belles chansons.

Bien sûr, comme toujours avec Valère Novarina, certains passages égarent. L’attention est difficile à maintenir tout du long sur un tel matériau. Mais le rythme imprimé au spectacle fait s’y succéder des passages collectifs frontaux engagés, et des scènes de dialogue où s’invitent des personnages bien campés. Puis tout à coup, un climat triste, avec l’arrivée de deux gisants géants : vie et mort… On éprouve donc un vrai plaisir. Et on sent une colère qui court tout le long de la pièce… Contre quoi ?

Un spectacle créé aux Francophonies en Limousin 2015, qui se poursuivent jusqu’au samedi 3 octobre à Limoges.

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L’Acte inconnu, de Valère Novarina. Mise en scène : Valère Novarina et Céline Schaeffer. Coordination artistique : Guy Régis Jr .Durée : 1h40. Avec Édouard Baptiste, Bedford Valès, Jenny Cadet, Clorette Jacinthe, Jean-Marc Mondésir, Ruth Jean-Charles, et à la musique, Finder Dorisca. Peintures : Bedford Valès, Édouard Baptiste, Valère Novarina. Musique : Finder Dorisca. Scénographie : Céline Schaeffer, Valère Novarina, Richard Pierre. Lumière : Claude Fontaine. Régie générale : Richard Pierre. Durée : 1h40.

Visuels : © Christophe Péan

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