Théâtre
[Francophonies] « Après la peur », ballades nocturnes brillantes

[Francophonies] « Après la peur », ballades nocturnes brillantes

30 septembre 2015 | PAR Geoffrey Nabavian

Douze spectacles de trente minutes en zone urbaine. Un beau vivier d’imagination, souvent marquant, au cœur de ces Francophonies en Limousin qui se déroulent jusqu’au 3 octobre, à Limoges. 

[rating=5]

Apres la peurCe soir-là, à l’arrivée dans la CCM John Lennon, salle de concert en périphérie de Limoges, on remarque un dispositif original : douze spectacles sont proposés, et les tickets sont à retirer à un guichet. Régulièrement, Armel Roussel,  metteur en scène initiateur du projet, s’exprime au micro : « le parcours 2 démarre, les inscrits peuvent suivre la guide à l’extérieur ».

De 20h30 à minuit, les visiteurs peuvent enchaîner quatre petites formes sur les douze. Qui dit pièces courtes dit dramaturges francophones du monde entier. On a donc suivi, à Limoges, les paroles d’écrivains contemporains de théâtre qu’on aime. Première destination : le centre-ville, à bord d’un minibus roulant à bonne allure. L’auteur Joël Maillard a conçu pour nous une expérience titrée Démocratie. Assis à six à l’arrière du véhicule, nous devons débattre, sur des sujets soumis par le comédien Aymeric Trionfo, et selon des règles établies au départ. Pourquoi roule-t-on ? Parce que les questions concernent les lieux publics devant lesquels on passe. On sort heureux, au final, de cette première expérience.

Direction la forêt, ensuite, avec des audioguides sur la tête. Pour un parcours autour d’une figure nommée Cet homme, que des gens n’ayant rien en commun voient parfois dans leurs rêves. La dramaturge Sarah Berthiaume, auteur très douée de Yukonstyle, à écrit, à partir de rêves de personnes réelles, de mini variations sur ses apparitions, qui nous sont transmises dans nos casques. Après les bois, on marche dans une banlieue résidentielle toute vide. Et les rêveurs s’adressent à nous à distance. Un parcours bien immersif et finalement émouvant.

Apres la peur 2On a continué la soirée avec le très doué Julien Mabiala Bissila (Au nom du père, et du fils et de J.M. Weston) et son texte Dog-Jazz, histoire d’un homme cherchant le tueur de sa femme parmi ses compagnons de covoiturage en Afrique : des hommes et femmes aux destins bien croqués, et un chien doué de parole. Une pièce vaste, à la fois lyrique et politique, écoutée dans un minibus très abîmé. Celui de l’histoire, sans doute… Et Soeuf Elbadawi nous a offert une superbe conclusion, en nous conviant autour d’une table pour vivre son texte Banalités d’usage (Un musulman de moins). Où les points de vue sur la marche actuelle de la France vis-à-vis des religions furent posés, sans jugement, et avec un naturel très émouvant.

Amélioration du vivre-ensemble, gens qui rêvent des mêmes motifs dans la même banlieue… Ce spectacle, forcément différent pour chacun, arrive à poser des questions dans un cadre imaginatif, et surtout, à bien faire voyager.

Les Francophonies en Limousin 2015 se déroulent jusqu’au samedi 3 octobre, à Limoges.

Les dates d’Après la peur après les Francophonies : à Bruxelles du 29 septembre au 3 octobre (Théâtre les Tanneurs).

Après la peur, un road-trio théâtral. Direction artistique : Armel Roussel.

Visuels : © Christophe Péan

Infos pratiques

Festival en Othe
Urbaka
les_francophonies_en_limousin

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *