Théâtre
Festival OFF : “Alabama Song”, la vie de Zelda Sayre Fitzgerald

Festival OFF : “Alabama Song”, la vie de Zelda Sayre Fitzgerald

14 juillet 2022 | PAR Lucine Bastard-Rosset

Partez à la découverte de la vie de Zelda, la femme du célèbre écrivain Francis Scott Fitzgerald. Un récit poignant qui met en lumière une vérité trop souvent tue et méconnue à découvrir à La Manufacture. 

Le récit d’une femme trop souvent oubliée

Alabama Song revient sur l’histoire de Zelda Sayre, connue sous le nom de Zelda Fitzgerald. S’y alternent des instants de pure volupté et de fête à des moments marqués par la douleur, le désarroi et la folie. Au fil du temps, les soirées mondaines des années folles laissent le pas à des lieux dénués de vie, aux hôpitaux psychiatriques. 

Zelda est une femme qui a la joie de vivre. Dévergondée pour l’époque, elle est vue comme délurée et rebelle, une femme que beaucoup convoitent, qui fait naître le désir. En 1918, elle rencontre Scott Fitzgerald, cet homme à la recherche de la gloire littéraire, et en tombe éperdument amoureuse. Commence alors pour elle une vie trépidante marquée par la violence. 

L’autre visage de Scott Fitzgerald

On ne connaît généralement de Scott Fitzgerald que sa renommée internationale, son talent indéniable pour l’écriture. Dans Alabama Song, il apparaît tout autre, dépeint comme un homme alcoolique, jaloux, possessif et autoritaire. Scott est un artiste qui s’est emparé des créations de sa femme, signant de son nom certaines de ses nouvelles, s’accaparant ses textes, ses phrases, ses récits. Trop présomptueux, il refuse de voir le talent de Zelda, lui répétant qu’elle n’en a pas. 

Alabama Song devient un récit féministe, remettant en cause un patriarcat violent et abuseur. Zelda en a été l’une des victimes, elle qui était abusée sexuellement lors de rapports maritaux non consentis, elle qui a été enfermée dans divers hôpitaux psychiatriques afin d’être “punie”, elle a qui on a retiré sa fille, Scottie. Un récit qui donne envie de se lever et de lutter. 

Un récit en musique

Au monologue de Zelda se joint de la musique, des bruits, des sons. Ils ponctuent ses paroles, les font vibrer, les rendent encore plus vivantes et résonnantes. Sur scène, ils sont trois musiciens : un batteur, un violoncelliste, guitariste et un pianiste. Ils jouent à n’en plus finir, alternant les morceaux de jazz et les sons stridents, les bruits sourds et les morceaux mélodieux et doux. 

La scène est remplie d’une grande vitalité intensifiant chaque émotion. Les moments de silence se font encore plus pesants, les moments de joie plus intenses, les moments de folie plus délirants. Tous trois ne se contentent pas de jouer puisqu’ils incarnent également des personnages. Thibault Perriard devient ce Scott Fitzgerald batteur qui a toujours une flasque dans sa poche de veste. Pierre-Marie Braye-Weppe est un violoniste guitariste et psychiatre et Louis Caratini se transforme en de multiples prétendants pianistes. 

Une actrice époustouflante

La comédienne Lola Naymark propose une prestation de haut vol, interprétant une Zelda qui prend aux tripes. Par moment vêtue d’une robe charleston, elle parcourt la scène en dansant, fumant des cigarettes à n’en plus finir, ses jambes s’emballant sur la musique. D’autres fois, elle porte ce long peignoir vert, cette camisole qui la plonge dans un univers lugubre et froid, dans une folie dont elle peine à sortir. Et d’autres fois encore, elle est en soutien-gorge, arborant ce corps que tant convoitent. 

Lola Naymark se livre à des instants de pure folie. Son visage est défiguré par des grimaces souriantes, son corps se crispe, arbore des positions étranges. Elle crie à la vie, cherchant un refuge, à se faire entendre. Elle s’emballe, luttant contre un mari qui ne veut pas qu’elle parle, qu’elle écrive sa vie. 

Alabama Song est une pièce musicale qu’il faut aller voir ! Elle est à découvrir à 9h40 jusqu’au 26 juillet à la Manufacture. 

Visuel : ©Benjamin Lebreton

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Lucine Bastard-Rosset

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