Théâtre
[Festival d’Avignon] Le Prince de Hombourg enfin à l’assaut de la Cour

[Festival d’Avignon] Le Prince de Hombourg enfin à l’assaut de la Cour

06 juillet 2014 | PAR Christophe Candoni

Après une première annulée vendredi en raison du mouvement de grève des intermittents, Le Prince de Hombourg s’empare de la Cour d’honneur où Xavier Gallais succède à Gérard Philipe dans le rôle-titre. Montée en 1951 par Jean Vilar, la pièce de Kleist ouvre symboliquement le 68e festival d’Avignon dans une mise en scène de Giorgio Barberio Corsetti. 

La représentation du samedi 5 juillet était donc très attendue mais ne figurera pas au panthéon des plus mémorables ouvertures du festival. Non pas que le spectacle soit mauvais, il est honnête, réalisé avec soin, mais sans grand éclat ni coup de génie, bien loin de la force et la radicalité des spectacles choc de Thomas Ostermeier, de Romeo Castellucci ou de Christoph Marthaler qui l’ont précédé. Si bien que l’intervention des artistes et techniciens du spectacle « intranquilles et vigilants » réunis sur scène pour affirmer avec autorité et virulence la nécessité de leurs métiers et de la culture a offert le vrai temps fort de la soirée, avec la flamme, l’électricité qui rendent si stimulantes les premières avignonnaises.

Giorgio Barberio Corsetti restitue sans trop d’ardeur ni d’ambition la dimension poétique, politique, onirique de la dernière pièce de Kleist dans une mise en scène aux tonalités crépusculaires et chimériques. Au cœur de l’œuvre, la confusion entre le rêve et la réalité est accentuée par la projection d’images vidéo sur la façade du Palais. De belles trouvailles visuelles à l’image de la chevauchée du prince à l’assaut sur son étalon blanc mais souvent juste illustratives placent le travail réalisé dans la lignée d’un Robert Lepage ou d’un Simon McBurney mais en moins foisonnant. A ces visions numériques enchanteresses répond un jeu inspiré de l’esthétique vilarienne, à la fois sobre et lyrique, souvent trop statique et monochrome.

Avec Clément Bresson, Jean-Luc Diquèro et Anne Alvaro sur scène, on peut tout de même compter sur une distribution solide que seule affaiblit la Nathalie d’Eléonore Joncquez surjouant la candeur blessée par de pénibles pleurnicheries. Enfin, il y a l’admirable Xavier Gallais, beau prince sombre, fougueux et torturé. C’est d’abord un homme nu qui sort de terre, engourdi dans un sommeil qui voisine avec les ténèbres. On le croirait presque déjà mort dans l’étrange ballet inaugural au cours duquel il se fait vêtir de son uniforme guerrier et couronner de lauriers par d’autres hommes nus qui l’étreignent. Lunaire, engourdi, combatif, désobéissant, il finira en pantin harnaché, toujours soumis à la machination des rêves. Malgré les qualités de l’interprète, ce Prince de Hombourg sans déraison ne nous aura qu’à peine étourdi et fait rêver.

Le Prince de Hombourg Christophe Raynaud de Lage


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One thought on “[Festival d’Avignon] Le Prince de Hombourg enfin à l’assaut de la Cour”

Commentaire(s)

  • RIVIERE

    C’était insipide et plat, X. Gallais pas dans le personnage, et E. Jonquez,interprétation dramatique.

    Cette représentation là, ne fera donc pas date.

    juillet 6, 2014 at 23 h 12 min

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