Théâtre

[Festival d’Avignon]  Dimitris Karantzas théâtralise John Cage avec génie dans La ronde du carré

[Festival d’Avignon]  Dimitris Karantzas théâtralise John Cage avec génie dans La ronde du carré

27 juillet 2014 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Arrivé au Festival dans les derniers jours, le texte de Dimitris Dimitriadis ne reçoit pas le succès qu’il mérite. Présenté pendant quatre petits soirs, il n’a pas eu le temps de faire de bruit. Dommage, O kyklismos tou tetragonou mis en scène par Dimitris Karantzas aura été le spectacle le plus pointu et le plus avant-gardiste de cette 68e édition. Espérons vite une reprise française.

[rating=5]

On pourrait parler, comme le fait le pianiste Christophe Chassol, d’ultrascore. C’est à dire : une ligne de basse, voire de base, à laquelle viennent se greffer des éléments, déconstruits, reconstruits.

Ici, le metteur en scène Grec pose ses notes une par une, ce sont onze figures, onze comédiens qui entrent en scène sur ce plateau rempli de chaises. Va ensuite se dérouler devant nos yeux une sale comédie humaine :

Une femme revient après deux ans d’absence et entre dans une relation abjecte de soumission avec son mari afin de revoir ses enfants. Un homme qui est un dieu au lit n’arrive pas à jouir. Un couple se partage le même garçon, un autre couple hétéro, se partage la même fille.  Les saynètes s’enchaînent tout en laissant la lumière sur le public. On est perdus, paumés face à un rythme que l’on ne comprend pas, où veulent-ils nous mener ? Les histoires n’ont pas vraiment d’Intérêt, le jeu est très bon, comme dans un exercice.

Et si c’était ça ? « ça marche ça ? » demande l’une des comédiennes. Et oui « ça marche ça », c’est violent, long à démarrer, exigent et ça marche. Nous voici dans une symphonie de musique contemporaine théâtrale. Comme dans les partitions de John Cage vides de notes, les comédiens portent des noms de couleurs. Ils sont interchangeables et bientôt leurs histoires sans intérêt vont être mâchées, accélérées, décalées. Les mots n’ont plus d’importance et il n’est plus utile de lire les sous-titres.

Il faut maintenant entrer dans la danse de ces corps parlants, elle est somptueuse, entraînante et entêtante. Les gestes et le texte deviennent des manifestes. Et jamais, non jamais, on avait vu ça avant.

Retrouvez le dossier Festival d’Avignon 2014 de la rédaction

Visuel :© Christophe Raynaud de Lage

 

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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