Théâtre
[Festival d’Avignon] Difficile et ennuyeuse Trilogie du revoir par Benjamin Porée

[Festival d’Avignon] Difficile et ennuyeuse Trilogie du revoir par Benjamin Porée

23 juillet 2015 | PAR La Rédaction

Benjamin Porée livre une version appliquée et peu convaincante de la difficile Trilogie du revoir de Botho Strauss au Festival d’Avignon.

Cette 69e édition du Festival s’ouvrait à la FabricA sur le vitupérant roman de Thomas Bernhard Des Arbres à abattre magistralement porté à la scène par Krystian Lupa. Le dramaturge autrichien qui ne finissait pas d’en découdre avec l’intelligentsia viennoise n’aurait sans doute pas été moins virulent envers le petit cercle artistique des « Amis des arts » décrit par Botho Strauss dans sa Trilogie du revoir, surtout que ses petits notables et ses artistes suffisants et frustrés réunis à l’occasion de l’inauguration de l’exposition controversée « Réalisme capitaliste » présentée par son commissaire dénommé Moritz sont mis en scène et interprétés d’une manière appuyée et bien caricaturale.

Évidemment un metteur en scène à peine trentenaire ne peut supporter la comparaison avec un Maître accompli de la scène internationale. Mais la bizarrerie tient du fait que le travail de l’aîné (72 ans) paraît d’une incroyable jeunesse et d’une folle liberté à côté du vieux théâtre installé du jeune Benjamin Porée formé aux Cours Florent puis accompagné par Vanves où, en tant qu’artiste associé, il a entre autres monté un très fleuve Platonov de Tchekhov repris l’année dernière à l’Odéon.

Dans la même veine, pour son premier Avignon, son choix s’est porté sur une pièce surdimensionnée. Botho Strauss l’avait écrite en 1977 pour l’illustre troupe de la Schaubühne. Cela donne presque trois heures de spectacle (qui donnent l’impression d’en faire le double) au cours desquelles une vingtaine d’acteurs sur scène se croise et déploie bon nombre de situations sous les yeux d’un garçonnet en short et chaussettes hautes qui capte ces instants éphémères avec un polaroid.

Les réflexions sur l’art, sur sa pratique comme sa consommation, sur la vie, le désespoir des individus, l’existence douloureuse, seul ou en couple, la faille, la déchirure des êtres, ne dépassent quasiment jamais le bavardage ampoulé. La pièce tourne à vide et vire à l’ennui.

Visuel : Trilogie du Revoir © Christophe Raynaud de Lage / Festival d’Avignon

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