Théâtre
[Festival d’Automne] Rencontre avec Rodolphe Congé

[Festival d’Automne] Rencontre avec Rodolphe Congé

07 octobre 2016 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Le Festival d’Automne nous invite à une causerie sur un joli fauteuil vert d’eau. Le génie des mots Joris Lacoste, celui qui ce sert du langage comme une pâte à modeler, signe la dramaturgie de Rencontre avec un homme hideux, adapté et porté par le comédien Rodolphe Congé

[rating=3]

C’est une toute petite forme à laquelle nous invite Rodolphe Congé qui aurait plus sa place dans un cadre de lectures. Le comédien a choisi de s’emparer d’un texte de David Foster Wallace, une nouvelle en particulier issue de Brefs entretiens avec des hommes hideux. Le choix de la scénographie minimale a été choisie par le futur patron du  T2G Daniel Jeanneteau et Eric Graça Neves a auréolé le comédien assis, buvant verre après verre d’une lumière très franche. La nouvelle est un récit pensé comme un dialogue dont on n’entend pas les questions. Pour traduire cela, les temps de l’autre sont symbolisés par un son composé par Pierre-Yves Macé.

C’est un spectacle qui agit après-coup, plus fort qu’il n’y parait à la première écoute. Alors, que nous raconte cet homme qui n’a rien d’hideux ? Il a plutôt l’air d’un enfant de 50 ans, conscient que le temps ne lui a rien appris. Il nous raconte une histoire d’amour bien tordue. Lui, le bourgeois se retrouve à un festival-performance où les punks à chiens croisent les filles en Poncho. Et sous la « couverture » de l’une d’entre elles « un corps formidable » se laisse deviner. Il dit la vouloir, juste pour une nuit. Mais voilà, cette nuit-là elle lui raconte son viol. Par n’importe quel viol, puisqu’elle a décidé d’entrer en empathie avec le criminel grâce à son « application mentale », entendez l’amour.

Rodolphe Condé qui a joué sous la direction des plus grands comme on dit ( Lassalle, Françon, Lacoste, Maragnani…) est ici au sommet. Quelque part entre Luchini et Bouchaud. On reconnait très bien la patte de Lacoste ici qui, dans son travail des mots s’intéresse à leur sonorité. Le rythme est étrange ici, volontairement haché. Congè s’effondre dans son récit, ne tient pas sur sa chaise et boit, boit..mais à qui raconte-t-il ? A sa nouvelle maîtresse ? Impossible de savoir. On s’ennuie ici autant que l’on est fasciné. C’est peut être là que le fil tient. Hideux et attirant, ce spectacle est une expérience qui ne restera pas forcement gravée mais qui agit comme un exemple de la façon dont un texte peut être transmis. Le passage à la voix du texte de David Foster Wallace fonctionne pleinement.

Étrange.

Visuel : © Laura Bazalgette

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