Théâtre
[Festival d’Automne] Mama mia ! « L’origine del mondo » sur le plateau de la Colline

[Festival d’Automne] Mama mia ! « L’origine del mondo » sur le plateau de la Colline

21 octobre 2015 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Le Festival d’Automne s’intéresse aux mères. Et pas les plus faciles de surcroît. Lucia Calamaro met en scène une dépression qui nous aura fait souvent hurler de rire dont le fil conducteur est l’éternelle insatisfaction des mères envers leurs filles, et des filles envers leur mère. Le tout, forcement en italien.

[rating=3]

L’origine del Mondo se déroule en trois actes. Trois heures comme s’il fallait attribuer sa part à chaque génération. Au centre il y a Daria, à la fois mère et fille. Elle ne sort plus de chez elle et son intérieur est réduit à l’essentiel par la scénographie. Un grand panneau qui changera de couleur à chaque acte occupe tout le mur d’un fond avancé. Sur le plateau, à l’acte I « Femme mélancolique au frigo » : un frigo, à l’acte II  » Certains dimanches en pyjama », une machine à laver et à l’acte III « le Silence de l’analyste » un bureau de psy puis un évier.
« Les gens se foutent de ta douleur ». « Les gens parlent pour tenir compagnie à leurs oreilles »… Ces trois générations ne vont pas bien. La grand-mère retient le temps en dormant à horaires décalées. La petite fille semble avoir 5 ans ou 35, on ne sait pas. Quand à Daria, sa dépression nous amène à la schizophrénie. On ne sait pas si nous sommes dans son inconscient, à fantasmer d’improbables et ratées séances d’analyses ou si on doit chercher ici une chronologie.

Déjà présenté en 2014 à la Colline, le spectacle de Lucia Calamaro se place dans la droite ligne de la relation entretenue entre l’Italie et l’histoire de l’art. Ici, les références religieuses, picturales et littéraires sont nombreuses. Daria s’enferme dans ses lectures et quand elle s’éclaire à la lumière du frigo, la référence est, étonnamment, flamande, elle l’est aussi quand Daria, pendant que sa mère offrira une leçon de comédia del arte, range les blés comme dans un Vermeer . Les filles sont étouffées et figées, dans leurs vies, dans leurs reproductions de schémas. Le pire pour elles, c’est qu’elles se voient agir, elles savent ce qu’elles font et rien ne les arrête. La dépression est là, elle est dans les mots de Lucia Calamaro délicieusement drôle. Rire du pire est la seule chose à faire quand rien ne va.

Le seul problème de ce spectacle est que le cri fatigue sur la longueur. Toutes les trois parlent beaucoup, vite et fort et cela est bien normal. Mais la pièce peine à garder le rythme d’un tourbillon délirant.

Visuel : Futura Tiffaferrante

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