Théâtre

FESTIVAL 7.8.9. au théâtre de Nesles, à Paris : une 5e édition sous le signe du partage et des rencontres.

FESTIVAL 7.8.9. au théâtre de Nesles, à Paris : une 5e édition sous le signe du partage et des rencontres.

05 septembre 2019 | PAR Magali Sautreuil

Commençons comme il se doit la rentrée avec le festival 7.8.9., qui revient pour sa 5eédition au théâtre de Nesles, du 5 au 30 septembre 2019 ! Hybride et éclectique, cet événement a pour ambition non seulement de dynamiser le début de la saison culturelle, mais aussi et surtout de créer des rencontres et de soutenir la création théâtrale. Agnès Bonnaud, la directrice du théâtre de Nesles, accompagnée de ses deux régisseurs, William Orrego Garcia et Léonidas Herrera, ont accepté de nous recevoir pour échanger sur leur vision du festival.

© Léonidas Herrera / Théâtre de Nesles

Toute la Culture : « Pouvez-vous nous parler du théâtre de Nesles ? »

Agnès Bonnaud : « Le théâtre de Nesles est situé dans hôtel particulier du XVIIsiècle au cœur de St Germain-des-Près. Il a été créé en 1978. Il a commencé modestement, puis, petit à petit, a pris son essor, tout comme les spectacles et les compagnies qu’il a vu naître. »

Toute la Culture : « Comment est né le festival ? »

Agnès Bonnaud : « Le festival est né en 2015, sur une idée de William. Nous avons pensé qu’il serait  intéressant de dynamiser le début de saison en donnant aux compagnies l’opportunité de jouer dans les conditions du collectif et de se lancer dans des créations qu’elles n’auraient peut-être pas osé présenter en temps normal. Nous avons tenté de l’étendre sur une plus grande période, de juillet à septembre. Mais nous avons ensuite préféré nous concentrer sur la rentrée de septembre pour des questions pratiques, mais aussi parce que nous avons remarqué qu’il y avait davantage de cohésion entre les compagnies sur un temps plus court. »

William Orrego Garcia: « La rentrée de la saison théâtrale à Paris est toujours difficile. Elle débute aux alentours du 15 / 20 septembre 2019. L’idée était donc de l’activer un peu plus tôt. Mais ce qui est le plus intéressant dans ce festival est la partie collective qui permet, au-delà des spectacles individuels, de rassembler les énergies et que les gens se parlent. Notre volonté est aussi de permettre aux compagnies, qui n’ont pas la capacité d’assumer une production théâtrale, de présenter leur projet. »

Toute la Culture : « Comment avez-vous choisi le nom du festival ? »

Agnès Bonnaud : « Le 8, parce que nous sommes au 8 rue de Nesles, à Paris. Au départ, le 7, parce que le festival commençait en juillet et le 9, car il se terminait en septembre. Il y a aussi un clin personnel au quartier des artistes de Pékin que nous avons visité avec mon mari, qui s’appelle le 7.9.8. »

Toute la Culture : « Comment sélectionnez-vous les spectacles du festival ? »

Agnès Bonnaud : « Le festival commence à être connu. Certaines personnes m’envoient spontanément leur candidature, bien avant que je me manifeste. En général, moi, je commence mes recherches à partir de février. Certaines compagnies m’envoient uniquement leur texte, surtout quand il s’agit de création. Nous les lisons, nous en parlons… J’assiste également à des spectacles susceptibles d’être repris dans le cadre du festival. »

William Orrego Garcia : « En effet, au sein de l’équipe du théâtre, nous échangeons régulièrement sur les spectacles que nous voyons et qui peuvent nous intéresser. Certaines candidatures nous sont envoyées par dossier, mais, dans la mesure du possible, nous essayons qu’un membre de l’équipe puisse voir le spectacle en amont. « 

Toute la Culture : « Comment est pensé l’ensemble de la programmation ? Y a-t-il un fil conducteur ? »

William Orrego Garcia : « La programmation est assez éclectique. Les spectacles sont répartis en différentes catégories, que l’on retrouve dans la programmation habituelle du théâtre de Nesles, à savoir : théâtre, musique et improvisation. Nous sommes très axés sur la musique, notamment acoustique et lyrique. »

Agnès Bonnaud : « Nous mettons également en avant des créations, des pièces plus expérimentales et des textes de jeunes auteurs, dont un d’une vingtaine d’années. »

Toute la Culture : « Quels services proposez-vous aux compagnies qui participent au festival ? »

Agnès Bonnaud : « Bien entendu, nous leur mettons une salle à disposition pour la représentation et les répétitions. Notre chargée de communication, Aurélie Brunet, assure également la promotion du festival. Nous avons également des articles dans des magazines, un bandeau sur billet réduc… Léonidas a réalisé un flyer pour l’événement et a envoyé une newsletter à tous nos contacts… Nous assurons donc une communication plus soutenue qu’en temps normal. »

Léonidas Herrera : « Chaque année, nous reprenons le même visuel. En tant qu’illustrateur, je l’ai moi-même créé. On y voit le Pont Neuf, le logo du théâtre qui se découpe de manière stylisé sur une planche en bois, figurant une scène de théâtre. On y aperçoit également des instruments de musique, des masques, des éléments classiques, d’autres plus contemporains, qui évoquent ce qu’on peut trouver dans ce festival. »

Agnès Bonnaud : « Cette année, nous avons investi dans une télévision. Installée au-dessus de l’accueil, nous y ferons la promotion des différents spectacles. »

William Orrego Garcia : « Nous y diffuserons également nos archives, les souvenirs des gens qui sont passés par le théâtre de Nesles… Durant le festival, nous assurons également toute la logistique. Nous programmons une trentaine de spectacles sur une période très courte, ce qui nécessite une mécanique bien huilée. À cela s’ajoute cette année la gestion des flux de visiteurs, puisque nous avons des spectacles dans la grande et la petite salle, ainsi qu’une exposition en sous-sol. C’est pourquoi nous demandons aux compagnies de nous aider, quand elles le peuvent, pour accueillir le public. »  

Toute la Culture : « Au fil des années, comment a évolué le festival ? »

Agnès Bonnaud : « Incontestablement, il y a eu une évolution. Nous avons une soirée d’ouverture, que nous n’avions pas la première année. Au cours de celles-ci, nous présentons de courts extraits des pièces du festival, avant de nous retrouver autour d’un cocktail, ce qui permet au public et aux compagnies de se rencontrer et d’échanger. »

Toute la Culture : « Le festival attire-t-il un public d’habitués ou plutôt des personnes qui ne connaissent pas le théâtre de Nesles ? »

Agnès Bonnaud : « Les deux. Chaque compagnie active son propre réseau, ce qui attire un public nouveau. Quant aux habitués, ils guettent avec impatience le mois de septembre. »

Toute la Culture : « En parallèle du festival, vous avez également organisé une exposition cette année. Pour quelles raisons avez-vous étendu la programmation à d’autres formes d’expression artistique ? »

William Orrego Garcia : « Nous voulions intégrer autre chose que du spectacle vivant dans ce festival, toujours dans l’optique de provoquer des rencontres. Nous proposons ainsi des lectures dans la petite salle, ainsi que cette installation, qui renoue avec l’histoire du théâtre de Nesles, puisque dès la création de ce dernier, il fut étroitement lié à la galerie d’art adjacente. L’exposition Emotional Taggers est entièrement gratuite. Elle est en accès libre du lundi au vendredi, de 17 h 30 à 19h, et pourra être également visitée par les spectateurs du festival munis de leurs billets, entre 20 h 15 et 21h. Elle présente près de 200 collages, réalisés par Mike Sens, qui nous dévoile les coulisses de son métier d’auteur-traducteur du théâtre et qui explore les frontières entre arts plastiques, cinéma, théâtre, musique et littérature.

Mur de collages (© Magali Sautreuil).

Afin de nouer des liens plus étroits avec nos spectateurs, nous avons voulu une exposition interactive, où les gens pourront créer leurs propres collages, à partir de leurs propres souvenirs. Les visiteurs pourront écouter sa pièce radiophonique Le pacte de Riga et regarder son film Rushes Instables

Chat-opérateur pour la radio (© Magali Sautreuil).

Le fil rouge de tout ça est de créer de l’interaction et de réunir les gens autour des valeurs de partage. Un livre d’or sera mis à disposition du public pour recueillir leurs opinions. »

5édition du festival 7.8.9., organisée du 5 au 30 septembre 2019, au théâtre de Nesles, à Paris. 

Retrouvez l’actualité du théâtre de Nesles sur son site Internet (ici), sa page Facebook (ici) et son compte Twitter (ici).

Infos pratiques

Théâtre El Duende
Granville Gallery
David Rofé-Sarfati
David Rofé-Sarfati est Psychanalyste, membre praticien d'Espace Analytique. Il se passionne pour le théâtre et anime un collectif de psychanalystes autour de l'art dramatique www.LautreScene.org. Il est membre de l'APCTMD, association de la Critique, collège Théâtre.

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