Théâtre

Faire un saut dans l’histoire de la peinture, un spectacle didactique et ludique au Théâtre de l’Atelier

Faire un saut dans l’histoire de la peinture, un spectacle didactique et ludique au Théâtre de l’Atelier

03 mars 2020 | PAR Caroline Arnaud

Toute l’histoire de la peinture en deux heures est un spectacle du critique et historien de l’art Hector Obalk. Motivé par le challenge, il parvient à nous immerger dans les réalisations picturales allant de La Renaissance Italienne aux œuvres d’arts contemporaines. C’est une traversée de l’art par une découverte des détails les plus saugrenus des œuvres des grands maîtres de l’art. 

Un spectacle pour tous les âges, un spectacle pour les amateurs d’art, un spectacle pour tous! Tel est le leitmotiv de notre critique d’art sur la scène du Théâtre de l’Atelier jusqu’en avril.

Imaginez une conférence de deux heures sur l’histoire de l’art? Ce qui aurait pu être ennuyeux au bout d’un temps se transforme en un véritable plaisir. L’écran de projection se déplace et nous dévoile des œuvres allant du Trecento Italien jusqu’aux monochromes de Yves Klein, on pourrait dire que le temps passe trop vite dans ce spectacle, tant allier le didactique au ludique est riche en savoir.

Hector Obalk, parvient à réussir un spectacle-conférence autour des œuvres d’arts que nous pensons tous connaître, allant de De Vinci à Vermeer mais aussi à Rubens, ou de Van Gogh à Cézanne, ou encore de L’Espagne à l’Italie et en passant par la France. L’historien parvient à nous fournir dans un discours qui associe des analogies contemporaines à un jargon d’historien de l’art une approche de l’art dont on raffole. Une vulgarisation efficace, les représentations et les figures peintes se tordent devant nous en dévoilant leurs secrets. Hector Obalk qui inclut son public dans sa représentation fait même intervenir une jeune fille de la salle la faisant venir sur scène pour lui faire imiter une position impossible d’une figure peinte par Ingres. Le public apprend et rit en même temps. Hector Obalk se place dans la tradition de l’honoré Daniel Arasse, écrivain et Historien de l’art spécialiste de la Renaissance qui s’attachait à décrire la peinture dans ses moindres détails. Notre conférencier est lui aussi féru des aspects surprenants que peuvent prendre certaines œuvres. L’écran de projection du Théâtre de l’Atelier nous fait voir de plus près des pieds qui apparaissent de nulle part ou des visages aux expressions incroyables, nous rapprochant au plus près de l’oeuvre comme on ne l’a jamais été dans un musée. 

Comme un voyage dans les musées européens, l’écran de projection est lui aussi le véhicule de transport qui assure la réussite de ce spectacle! Le critique nous fait découvrir des œuvres d’une même période, comme celles de la Renaissance flamande à et celles du XVIe siècle français. Chardin alias Willem Claesz, le Louvre et le musée de Stockholm se retrouvent ainsi opposé dans notre théâtre. Ou la scène de genre libertine de Watteau opposé à la Femme écrivant une lettre et sa servante de Vermeer exposée à Dublin. Il nous donne ainsi à voyager parmi les collections d’art des autres pays, mais aussi à voir et comprendre les différences culturelles qui s’expriment dans l’art sur les même périodes. Il nous donne ainsi un large panel de connaissances sur ce qui était produit dans un pays dans un temps donné et dans l’autre en opposant les œuvres picturales entres elles directement face à nous.  

Et tout cela sous des airs de musiques classiques. Hector Obalk agit comme un chef d’orchestre, il choisit de quelle oeuvre il veut nous parler mais aussi de comment il veut nous faire interagir avec elle.  Son show inclus des musiciens, un violoniste (Pablo Schatzman) et un violoncelliste (Florent Carrière) qui jouent des pièces de Haydn ou de Bach pendant notre contemplation des œuvres. Celles-ci prennent alors une autre dimension, une dimension synesthésique qui nous ouvre le regard et nous plonge plus facilement dans l’univers de la peinture et son atmosphère. 

On pourrait être en désaccord avec la sélection des peintures choisies par le critique, des créations déjà très connues du public, mais c’est justement l’avantage et la réussite de ce spectacle qui permet de rendre accessible certaines clefs de compréhension des œuvres, nous rendant l’art à la fois drôle et fascinant.  

On attend les prochaines conférences-spectacles du critique avec impatience dans lesquels il choisira de s’arrêter plus précisément sur d’autres moments de l’histoire de l’art. 

Spectacle jusqu’en Avril pour plus d’informations ici

Visuel: © Goldo

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Caroline Arnaud

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