Théâtre

Evelyne Bouix et Laurent Grévill dans les tourments de la passion

15 décembre 2009 | PAR Christophe Candoni

Delphine de Malherbe est à la fois femme de lettres, elle travaille pour la presse et fait de la mise en scène. Elle s’est plongée dans le journal intime d’Anaïs Nin et livre son adaptation théâtrale sur la scène de la salle Popesco de Marigny : ce spectacle au titre évocateur « Une Passion » réunit Evelyne Bouix et Laurent Grévill pour incarner la rencontre de deux fortes personnalités que sont Anaïs Nin et Henry Miller et la relation troublante qui suit, du paroxysme de l’amour à la déliquescence des sentiments.

affiche-une-passionLe beau décor de Jean-Michel Adam figure un appartement sombre et nous plonge dans la sphère de l’intime. On aperçoit à travers le rideau de  scène blanc qui joue de sa transparence le lit défait où va se jouer cette relation complexe et passionnelle entre les deux auteurs. Il s’agit d’une aventure extraconjugale (la femme de Miller apparaît à deux reprises sous les traits de la comédienne Anne Suarez par projection vidéo) qui débute au sortir de la crise de 1929 et qui traduit la quête de liberté des personnages.

Evelyne Bouix irradie et joue Anaïs Nin avec élégance et séduction, son interprétation est délicate et brûlante mais, parfois, un peu trop réservée. Laurent Grévill campe Henry Miller, un personnage plus sombre, énigmatique, distant. Tout les sépare : Il est un artiste communiste sans le sou, elle est une jeune aristocrate qui souhaite s’affranchir de la pauvreté de la vie convenue. « Je ne veux pas être sage » lui dit-elle, « je veux être folle ». Les personnages se rejoignent dans leur recherche d’un absolu à la fois sensuel et intellectuel, leur dégoût des concessions, s’enivrent d’alcool, de sexe et de musique (on a adoré la bande-son jazz du spectacle) et font l’expérience de la perversion et la destruction à deux tout en étant renvoyés à leur propre solitude.

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Le spectacle s’inspire librement du journal intime d’Anaïs Nin mais le texte de la pièce, découpé en séquences très courtes, propose des échanges au contenu inégal. Le spectacle est bien monté mais le résultat est, malgré les acteurs, un peu léger. Il manque quelque chose de plus incandescent, de plus destructeur pour rendre cette passion encore plus vibrante.

Une passion, jusqu’au 3 janvier, à 19h, Théâtre Marigny salle Popesco. Carré Marigny – Paris 8e 0 892 222 333. www.theatremarigny.fr

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Christophe Candoni
Christophe est né le 10 mai 1986. Lors de ses études de lettres modernes pendant cinq ans à l’Université d’Amiens, il a validé deux mémoires sur le théâtre de Bernard-Marie Koltès et de Paul Claudel. Actuellement, Christophe Candoni s'apprête à présenter un nouveau master dans les études théâtrales à la Sorbonne Nouvelle (Paris III). Spectateur enthousiaste, curieux et critique, il s’intéresse particulièrement à la mise en scène contemporaine européenne (Warlikowski, Ostermeier…), au théâtre classique et contemporain, au jeu de l’acteur. Il a fait de la musique (pratique le violon) et du théâtre amateur. Ses goûts le portent vers la littérature, l’opéra, et l’Italie.

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