Théâtre

Et puis j’m’en fous, vas-y, prends-la ma bagnole, Théâtre du Rond-Point

26 novembre 2010 | PAR Tiphaine Fatou

C’est dans l’intimité de la salle Roland Topor au théâtre du Rond-Point que se joue jusqu’à ce week-end cette pièce d’un genre indéfinissable, au texte et à la mise en scène effrayants mais tellement clairs. Une intrusion dans le côté sombre de l’humanité, où un homme seul divague…

Quand les portes de la salle Roland Topor s’ouvrent, on est frappé par une odeur… Celle de la nature. Puis, on s’assoie et on découvre la scène, vaste boîte noire au sol de terre et de paille où se trouve au plafond un lampadaire vétuste. Dans cette pièce, il y a une armoire, un fauteuil et des murs qui seront les trois instruments du comédien tout au long celle-ci. Parlons-en de ce comédien. Il s’appelle Olivier Sferlazza et c’est aussi l’auteur de la pièce. Homme aux multiples casquettes, en passant par la danse, le mime et le théâtre, il est époustouflant dans ce rôle qui lui colle à la peau. Il s’appelle Rémy, sa mère est une écervelée, son père un prof d’EPS. Il est dyslexique, fort en chiffres mais s’approprie le calcul à sa manière. Rémy est d’abord enfant. Il nous raconte ses joies et surtout ses peines.

Comme un acrobate sur un fil tendu, Rémy avance dans le monde cruel des siens. Il est en marge, il s’émerveille de tout, comprend à l’envers mais dans un certain sens, applique une certaine poétique aux lois de ce monde. Rémy grandit, il devient adolescent et là, il rencontre un problème avec les filles. Il joue puissamment avec ses ombres, doubles opposés ou personnages imaginaires, avec qui il crée des disputes, pour s’entraîner comme il dit ou pour de vrai. Adulte, l’imaginaire et la personne de Rémy ont encore changé. Il est cette fois complètement seul et se perd dans les rouages de sa pensée. Il se dédouble, il atteint l’extrême avec ses mots à lui. Rémy est fasciné par les mots et souhaite au fur et à mesure que le temps s’écoule, s’en emparer, les appliquer. Il vacille dans le côté obscure de l’humanité, qui se révèle alors à nous comme complètement bouleversante et l’on se rend compte qu’il est trop tard, que cet homme est hors-norme mais lui ne comprend pas cette notion. Rémy cherche sans cesse sa place au sein d’un monde qui a sa culture et ses normes. Il erre tout au long de la pièce dans cette unique pièce qu’il transforme aux grés de ses histoires mais cette pièce symbolise un seul et même lieu, celui de son esprit enfermé comme dans une boîte qui contient son savoir. Rémy s’agite dans un monde qui ne lui ressemble pas. Il perd alors le contrôle parmi les « normaux ».

Théâtre du Rond-Point-Jusqu’au 27 novembre, 21h, 2 bis, avenue Franklin D.Roosvelt, Paris 8ème-Métro Franklin D.Roosvelt ou Champs-Elysées Clémenceau-Plein tarif : 27 euros-Tarifs réduits : 20 euros, 16 euros, 14 euros et 10 euros (carte imaginaire R)

Affiche © Stéphane Trapier

Photos  (c) Giovanni Cittadini Cesi

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Tiphaine Fatou

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