Théâtre
Eric Da Silva, Transformer

Eric Da Silva, Transformer

25 juillet 2012 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Le meilleur de la performance est à Avignon et c’est dans le In du OFF qu’il se cache. Monsieur Eric Da Silva se planque à la Manufacture pour délivrer sa mutation : chaque soir il devient Jimi Hendrix !

« Je deviens Jimi Hendrix » s’inscrit dans le masque que revêt la ville folle pendant trois semaines avant de plonger dans le grand sommeil de la Belle au bois dormant. Comme le Festival, le spectacle est fulgurant. Fulgurant comme l’a été la vie de « Jhache ». Noir, guitariste prodige, il meurt à 27 ans comme ses copains dans une convulsion d’overdose. Il est détesté des confrères blancs qui se sentent menacés.

Da Silva, frère jumeau d’Yves-Noël Genod et Steven Cohen aborde comme eux la maigreur et le sens de l’image. Le vide de Genod, le costume de Cohen. Deux écrans face au public en train d’entrer. Lui assis tape un texte qui s’inscrit sur l’écran de droite. A gauche, le second est partagé en deux, lui d’un côté, à différents jours et un autre texte.

L’ensemble pose une question : que signifie devenir Jimi Hendrix ? Et y répond.

C’est parler d’un musicien, donc il faut composer une partition avec des ruptures dans le rythme. C’est un brûlé vif, alors il faut se droguer sur scène ( pour de faux, quoi que… ) et partager avec les copains. Il faut mourir jeune, alors il faut convulser. Il faut être noir, alors se peindre. Il faut créer la surprise, alors, courir nu dans le Bar du Festival devant toute la hype indifférente… Steven Cohen et Castellucci sont déjà passés dans les têtes. « La nudité n’est pas une fin, c’est un moyen », et cela ne surprend pas.

Dans ce happening permanent, Da Silva la joue comme Hendrix, il est un garçon turbulent qui sait très bien où être pour être entendu et reconnu. Le Woodstock de Da Silva, c’est la Cour d’Honneur. Il embarque en donnant à voir, à entendre un texte qui cherche à « Faire e(xister)entrer le public ». Les deux écrans sont deux (je) jeux. Devant nous il transforme un texte en y imbriquant des syllabes qui en livre le sens caché, le sens halluciné. Il nous emmène dans une performance  parfaite où la définition même de l’acteur devient un spectacle.

Visuel (c) Olivier Roubert

Visuel Une (c) Morvarid Kaykha

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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