Théâtre
Danser à la Lughnasa : une danse pas si entrainante

Danser à la Lughnasa : une danse pas si entrainante

02 octobre 2015 | PAR Alice Aigrain

Au théâtre de l’Atelier se joue jusqu’au 9 janvier la célèbre pièce du dramaturge irlandais Brian Friel. Mise en scène par le nouveau directeur des lieux, Didier Long, qui s’est entouré de comédiens reconnus, le rythme décousu du jeu laisse le spectateur passer à côté du drame qui se joue sous ses yeux.

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Mickaël Mundy, aujourd’hui sexagénaire, se souvient de son été 1936, lorsque âgé de 7 ans, il le passa dans la maison familiale nichée dans la campagne irlandaise. Habitée par ses 5 tantes et leur frère tout juste revenu d’une mission évangélique en Afrique, la fratrie à l’intention de rompre la monotonie de leur vie en allant danser pour fêter la fin des moissons, la Lughnasa. L’idée ne fait cependant pas l’unanimité, et se révèlent, à travers ce doux rêve de laisser s’exprimer dehors la joie qui anime la vie familiale, les personnalités comme le contexte socio-historique de ces années là en Irlande.

Une cuisine où les 5 sœurs passent la plupart de leur temps à discuter, repasser, cuisiner… Et un jardin dans lequel le petit Mickaël passe la plupart de son temps à jouer et fabriquer des cerfs-volants. Une scène tout en profondeur qui permet aux 8 comédiens, parfois tous sur le plateau, de ne pas se marcher dessus. Pour sûr, le metteur en scène Didier Long maîtrise bien sa maison. Le décor retranscrit l’ambiance de cette campagne pieuse et conservatrice et la musique composée par François Peyrony, vient planter un peu plus l’ambiance avec finesse. La mise en scène est simple et efficace. Cependant, le tout est d’un classicisme exacerbé, et manque d’être pimenté d’un parti-pris plus marqué dans la mise en scène.

L’histoire qui doit se dérouler sous nos yeux, montre alternativement drames personnels, familiaux et sociaux. Les sœurs ne travaillent pas, et même l’aînée Kate, institutrice, doute de la stabilité de sa situation. Le frère revenu d’Ouganda atteint du paludisme, perd la mémoire, et cet ancien prêtre semble ne plus faire grand cas de la chose religieuse, obnubilé par ses souvenirs africains. Même Gerry, le père de Mickaël, qui tient son rôle paternel à ses heures perdues, annonce lors de sa visite surprise dans la maison familiale, son engagement auprès des Brigades internationales pour combattre auprès des républicains en Espagne. Alors la danse devient un enjeu, parce que dans un contexte où le malheur à tout niveau semble poursuivre chacun des membres de la famille, une danse c’est un moment à part.

La qualité hétérogène des jeux des acteurs empêche pourtant le drame de s’installer et d’emmener au passage le spectateur. Malgré Lou de Lâage qui resplendit et plante son drame personnel avec force; en dépit de la divine émotion que Philippe Nahon insuffle à chacune de ses interventions qui se transposent du présent au passé; nonobstant la justesse de Léna Bréban, le rythme se rompt par le jeu des autres acteurs plat quand il n’est pas monocorde. Et dans une pièce où le drame se joue dans le dialogue et à l’échelle de l’humain, une telle disparité dans la qualité du jeu ne permet pas à l’histoire d’exprimer toute sa profondeur. Le tout résonne avec la mise en scène trop classique, qui étouffe le drame pour ne laisser au spectateur que l’impression d’avoir assister à la reconstitution vivante d’un tableau historique, où le récit ne trouve pas la place de se dérouler, même à sa petite échelle.

Infos pratiques

 » Suite n°2 « , la chorale d’histoires de Joris Lacoste
[Live report] Mika à l’Amphithéâtre de Lyon
Alice Aigrain
Contact : [email protected] www.poumonsvoyageurs.com

One thought on “Danser à la Lughnasa : une danse pas si entrainante”

Commentaire(s)

  • Nanou

    Je suis plutôt d’accord. J’ai trouvé ça long et ennuyeux. Trop de bavardage et des personnages masculins inintéressants. A éviter !

    octobre 2, 2015 at 11 h 38 min

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