Théâtre
Daniel Benoin met en scène Michel Boujenah dans l’Avare de Molière

Daniel Benoin met en scène Michel Boujenah dans l’Avare de Molière

24 janvier 2022 | PAR Geraldine Elbaz

Depuis le 15 janvier 2022, date anniversaire de Molière, le Théâtre des Variétés présente L’Avare avec Michel Boujenah dans le rôle-titre. Une pièce emblématique du répertoire classique revisitée avec brio dans une scénographie magnifique. Quoi de mieux pour célébrer le quatrième centenaire de la naissance de l’auteur ?

Pour rappel, adaptée de La Marmite de Plaute, L’Avare est une comédie en 5 actes et en prose écrite en quelques semaines par Molière en 1668. Si à l’époque la pièce ne rencontre pas le succès attendu, elle n’en demeure pas moins l’une des plus jouées depuis, loin devant Le Misanthrope ou Le Bourgeois gentilhomme. 

Harpagon (Michel Boujenah) est un vieux bourgeois riche, ladre et tyrannique qui est obsédé par son argent. Veuf acariâtre et paranoïaque, il est persuadé que tout le monde veut le voler. Prêt à tout sacrifier pour son pécule, il décide de marier ses enfants à de bons partis : son fils Cléante (Antonin Chalon) épousera une veuve fortunée et sa fille Elise (Mélissa Prat) est promise à Anselme (Bruno Andrieux), un riche marchand qui l’accepte sans dot et qui pourrait être son père… Oui mais voilà, Elise aime Valère (Mathieu Métral), intendant du père, et Cléante a jeté son dévolu sur Mariane (Fanny Valette), une orpheline désargentée courtisée par Harpagon. Quand le vieil avare découvre qu’on lui a volé sa cassette remplie d’écus d’or, le désespoir le plus total s’abat sur lui.

« Au voleur, au voleur, à l’assassin, au meurtrier. Justice, juste Ciel. Je suis perdu, je suis assassiné, on m’a coupé la gorge, on m’a dérobé mon argent. » (Acte IV, Scène VII)

Après Louis de Funès, Michel Serrault ou encore Denis Podalydès, c’est donc Michel Boujenah qui incarne brillamment le rôle d’Harpagon. Sa démarche presque chaplinesque, ses mimiques et ses intonations nous font rire. Sa gestuelle parfois grandiloquente accentue le contraste avec son jeu sensible, intelligent, tout en finesse. Quand Harpagon comprend qu’on lui a dérobé son argent et qu’il n’a plus rien, Boujenah ne crie pas son texte, ne le surjoue pas, bien au contraire. On est dans l’émotion pure. Il nous émeut, nous bouleverse presque. 

Daniel Benoin nous offre ici une mise en scène inventive et joliment chorégraphiée, remplie de trouvailles très efficaces qui renforcent l’émotion des personnages, tant dans l’aspect comique de certaines scènes que dans le tragique de ce texte monumental. Les lumières (Daniel Benoin) et les vidéos (Paulo Correia) projetées tiennent un rôle central et subliment tout. Les décors (Jean-Pierre Laporte), les costumes (Nathalie Bérard-Benoin), la scénographie : chaque détail a son importance et sert le propos de la pièce dans une approche particulièrement esthétique.

Les comédiens nous proposent une palette riche d’émotions, un jeu précis et maîtrisé. Ils sont totalement impliqués et l’ensemble fonctionne à merveille. C’est à la fois fluide, rythmé et harmonieux. Le texte de Molière fera le reste. 

Une pièce à voir absolument.

Visuel : (c) Philip Ducap

L’Avare de Molière

Au Théâtre des Variétés

Mise de scène de Daniel Benoin

Avec Michel Boujenah, Bruno Andrieux, Antonin Chalon, Paul Chariéras, Sophie Gourdin, Fabien Houssaye, Mathieu Métral, Julien Nacache, Mélissa Prat, Fanny Valette

Durée : 135 minutes

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Geraldine Elbaz
Passionnée de théâtre, de musique et de littérature, cinéphile aussi, Géraldine Elbaz est curieuse, enthousiaste et parfois… critique.

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