Théâtre
[Critique] Splendeurs et misères de l’institution hospitalière par Messieurs Pennac et Saladin

[Critique] Splendeurs et misères de l’institution hospitalière par Messieurs Pennac et Saladin

14 avril 2015 | PAR Matthias Turcaud

Une incursion dans un hôpital parisien et une exploration de tous les maux corporels possibles et imaginables : un calvaire ? Non, un délice, et ce en grande partie grâce à l’irrésistible ex-Deschien Olivier Saladin, mais aussi au texte de la pièce écrit par Daniel Pennac.

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Adapté de Daniel Pennac, le spectacle Ancien malade des hôpitaux de Paris permet à l’ex-Deschien Olivier Saladin de déployer toute sa gamme de jeu et son aptitude au transformisme, le temps d’un one man show intense où le comédien incarne toute une galerie de personnages divers – féminins compris – et qui ressemble à une sorte d’apnée ou de marathon, en gros une performance physique et vocale qui peut rappeler « La fin du monde pour le dimanche » avec François Morel, ex Deschien lui aussi, récemment présenté au Théâtre du Rond-Point, et d’ailleurs également mis en scène par Benjamin Guillard.

Cependant, si l’acteur, et à la manière de son complice Morel dans « La fin du monde est pour dimanche », fait le show, le spectacle n’en raconte pas moins une histoire auquel le comédien s’inféode avec humilité et professionnalisme. Olivier Saladin alias docteur Galvan, arrive sur scène, impeccablement habillé, en noir et blanc, et le crâne recouvert d’une belle et digne chevelure blanche. Il apostrophe un spectateur installé au premier rang, lui offre un café qu’il propose d’agrémenter d’un sucre ; mais sa gentillesse n’est pas totalement désintéressée. Il a des choses à raconter qui lui tiennent à cœur et il veut qu’on lui prête si possible une oreille attentive. Avec un tel conteur, si alerte, drôle et rythmé, on veut bien, à y songer, lui en prêter même deux. L’histoire au service de laquelle il est dévoué se révèle tant hilarante que pertinente, caustique que tendre, et dotée d’une chute ingénieuse que l’on ne révélera pas ici mais qui vient solliciter une belle trouvaille de mise en scène et de scénographie. Sans en dire trop, on peut dire que les malades déclarés et officiels n’ont pas le monopole de la folie ni des maux, car les malades officieux ont aussi leur mot à dire ! A avaler cul sec comme une aspirine !

Crédit photos : Emmanuel Noblet.

Ancien malade des hôpitaux de Paris, écrit par Daniel Pennac, mis en scène par Benjamin Guillard. Au Théâtre de l’Atelier, 1 place Charles Dullin (18ème). Téléphone : 01 46 06 49 24.

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Matthias Turcaud
Titulaire d'une licence en cinéma, d'une autre en lettres modernes ainsi que d'un Master I en littérature allemande, Matthias, bilingue franco-allemand, est actuellement en Master de Littérature française à Strasbourg. Egalement comédien, traducteur ou encore animateur fougueux de blind tests, il court plusieurs lièvres à la fois. Sur Toute La Culture, il écrit, depuis janvier 2015, principalement en cinéma, théâtre, ponctuellement sur des restaurants, etc. Contact : [email protected]

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