Théâtre

« CRASH PARK LA VIE D’UNE ILE », imaginative et burlesque robinsonnade de PHILIPPE QUESNE au Festival TNB

« CRASH PARK LA VIE D’UNE ILE », imaginative et burlesque robinsonnade de PHILIPPE QUESNE au Festival TNB

19 novembre 2018 | PAR David Rofé-Sarfati

Jusqu’au 24 novembre,  Arthur Nauzyciel transforme le Théâtre National de Bretagne en festival d’Avignon.. rennais. Et c’est au cœur de cette programmation de trois semaines ultra léchée que nous avons pu voir en avant première la dernière création du directeur des Amandiers.

CRASH PARK LA VIE D’UNE ILE de Philippe Quesne propose une odyssée sur une ile fantasmatique suite à un crash d’avion et se cherche entre vision onirique et manifeste contre notre monde contemporain.

Vous êtes dans un avion de ligne pour un voyage long courrier. Vous essayez de tromper votre ennui entre jus d’orange et longues siestes. Bientôt vous vous endormez et faites le rêve anxieux, mais classique d’un crash d’avion. Vous serez rescapé du crash et vous vivrez mentalement quelques-unes de vos rêveries d’enfant. Ce rêve vous tiendra ainsi endormi durant plus de deux heures pour une aventure sur une île foutraque et fantastique, une île improbable et déserte sauf habitée par quelques ornithorynques géants.

Pour cette nouvelle création, le metteur en scène et plasticien invente comme à son habitude un univers plastique multiforme où nos rescapés s’adonneront aux joies de la vie  au grand air en communauté restreinte. Dans une ambiance de scoutisme et de joyeuse décontraction, nos héros revisitent quelques un de nos mythes par une fable à multimorales. Le décor façon Playmobil et l’absence de toutes paroles fabriquent un univers d’enfant.  Le geste est infantile, mais le propos vise plus haut.

Philippe Quesne revisite nos rapports avec la machine, avec le progrès et avec notre nature grégaire. Car une île peut incarner autant le bonheur que la réclusion, le spectacle surfe entre joie de ces explorateurs goutant une liberté nouvelle et les dangers d’une nature inhospitalière. La fable est simpliste -le plasticien pourchasse surtout un projet esthétique-, mais elle a valeur de nous repositionner à ces coordonnées perdues depuis l’enfance du début des choses, cet endroit d’où à l’époque tout semblait possible.

Le spectacle constitue une plongée réussie dans l’infantile par un show qui tient plus du music-hall que du théâtre.

A voir jusqu’au 9 décembre aux Amandiers, à Nanterre

CRASH PARK LA VIE D’UNE ILE

de PHILIPPE QUESNE

Crédits Photos  : MARTIN ARGYROGLO

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David Rofé-Sarfati
David Rofé-Sarfati est Psychanalyste, membre praticien d'Espace Analytique. Il se passionne pour le théâtre et anime un collectif de psychanalystes autour de l'art dramatique www.LautreScene.org. Il est membre de l'APCTMD, association de la Critique, collège Théâtre.

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