Théâtre

Comment j’ai dressé un escargot sur tes seins, au Théâtre de la Contrescarpe

Comment j’ai dressé un escargot sur tes seins, au Théâtre de la Contrescarpe

14 novembre 2019 | PAR Geraldine Elbaz

Un seul en scène poétique et hypersensible qui nous parle d’amour, en toute intimité.

 
Le public s’installe devant une scène nue, bercé par les sons de la nature, dans une ambiance méditative. On entend les grillons, les oiseaux, on a l’impression d’être en pleine campagne et nos sens sont conditionnés pour quitter une réalité urbaine au profit d’un enchantement imaginaire. Noir. Muni d’une petite lampe, le comédien (Miguel-Ange Sarmiento) fait son entrée par le fond de la salle, une casquette sur la tête et portant tout son attirail de camping sur le dos.
Il prend son temps, monte sur scène et installe son décor. Il déplie table et chaise, pose ses affaires de camping et s’assied face à nous, à la lueur blanche de sa lanterne.
Commence alors le récit onirique d’un cœur d’homme fragile éprouvé par des sentiments trop forts:
« Avec vous, Madame, je ne peux pas faire autrement. Vous avoir devant moi et garder en même temps mon cœur étouffé dans ma poitrine, ce n’est pas possible. C’est pour cela que je préfère le sortir et le mettre devant vous, au milieu de la table. Comme ça il n’y aura plus de secrets entre nous. »
 
C’est l’histoire écrite magnifiquement par Matei Visniec, poète et dramaturge franco-roumain, de ce petit coeur qui souffre, qui sort tout seul de chez lui, descend les escaliers, ouvre la porte de l’immeuble et va jusqu’à l’arrêt de bus au coin de la rue. 
Quand il explose dans son corps en mille morceaux suite à une rupture amoureuse, il faudra un an pour tout remettre en place.
Miguel-Ange Sarmiento a une diction nette, précise, parfaitement articulée, son regard est captivant. Il possède un charisme rare qui nous rappelle un peu le jeu de l’acteur Christoph Waltz et impose le respect du public. Les deux d’ailleurs sont polyglottes et Sarmiento nous confie en fin de spectacle que la pièce est aussi jouée en espagnol cette année et qu’elle le sera dans d’autres langues encore prochainement. 
Rémi Cotta propose ici une jolie mise en scène qui accentue le lyrisme du texte et souligne avec élégance les sentiments exacerbés du narrateur, dont il ne sortira pas indemne de la passion qu’il éprouve pour Madame.
C’est fin, sensible, délicat, bien interprété, un joli moment d’émotions partagées.
 
Crédit photo : ©Fabienne Rappeneau
Comment j’ai dressé un escargot sur tes seins
Durée : 1h10
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Geraldine Elbaz
Passionnée de théâtre, de musique et de littérature, cinéphile aussi, Géraldine Elbaz est curieuse, enthousiaste et parfois… critique.

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