Théâtre

Charles Péguy, le visionnaire : un seul en scène biographique et instructif, au Théâtre de la Contrescarpe

Charles Péguy, le visionnaire : un seul en scène biographique et instructif, au Théâtre de la Contrescarpe

09 novembre 2019 | PAR Geraldine Elbaz
Incarnant une quinzaine de personnages, Bertrand Constant retrace pendant un peu plus d’une heure les épisodes marquants de la vie de l’écrivain, poète, et officier de réserve Charles Péguy.
Claudiquant, légèrement courbé et tout de noir vêtu, le comédien fait son entrée sur une scène au décor épuré : un petit bureau en bois sur lequel sont empilés quelques livres côté cour et une simple chaise en paille côté jardin. 
Nous sommes à Paris en août 1914, rue de la Sorbonne. Charles Peguy, 41 ans, est en train de fermer le siège de sa revue les Cahiers de la Quinzaine car il doit partir à la guerre quand un journaliste arrive pour l’interviewer, l’occasion de revivre à travers cet échange l’histoire de son parcours hors du commun.
 
Ainsi nous replongeons dans l’enfance de l’écrivain issu d’une famille modeste, élevé par sa mère et sa grand-mère, rempailleuses de chaises, qui lui donnent les fondements de ses valeurs et l’amour du travail bien fait. 

L’ordre, et l’ordre seul, fait en définitive la liberté. Le désordre, lui, fait la servitude.

 
Puis nous suivons sa scolarité lors de laquelle il se fait repérer par le directeur de l’Ecole Normale qui lui permettra de continuer ses études et de révéler une activité intellectuelle dense et prolifique.
Engagé politiquement, dreyfusard, révolté par l’injustice, philosophe, croyant et admirateur de Jeanne d’Arc, Charles Péguy est avant tout un homme de convictions qui se bat pour ses idées.

Samuel Bartholin signe ici un texte éloquent, dont la sobriété de la mise en scène par Laetitia Gonzalbes met en exergue le jeu du comédien qui endosse tous les rôles.

Bertrand Constant, ancien parachutiste dans la Légion étrangère, qui a quitté l’armée pour être comédien, relate ici le parcours d’un penseur engagé arraché à sa vie intellectuelle par la guerre, où il mourra d’une balle dans la tête, peu de temps après sa mobilisation.

Une pièce qui donne à réfléchir sur les valeurs humanistes, l’éducation, notre rapport au monde et la quête de la vérité.

Dire la vérité, toute la vérité, rien que la vérité, dire bêtement la vérité bête, ennuyeusement la vérité ennuyeuse, tristement la vérité triste. 

 
Crédit photo: ©Fabienne Rappeneau
Charles Péguy, le visionnaire
Jusqu’à fin décembre 2019
Durée : 1h10
Dominique Meyer, encore Vienne, bientôt Milan
A la cathédrale Saint-Louis des Invalides, le facétieux Saint-Saëns à l’honneur
Geraldine Elbaz
Passionnée de théâtre, de musique et de littérature, cinéphile aussi, Géraldine Elbaz est curieuse, enthousiaste et parfois… critique.

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