Théâtre

La Cerisaie de Anton Tchékhov par le précieux Christian Benedetti au Théâtre-Studio  d’Alfortville.

La Cerisaie de Anton Tchékhov par le précieux Christian Benedetti au Théâtre-Studio d’Alfortville.

11 mars 2018 | PAR David Rofé-Sarfati

Christian de Bénédetti déplie son Tchekhov en commençant par la fin. Avant de proposer l’année prochaine une intégrale de l’auteur russe il met en scène et y joue la dernière pièce de Anton Tchekhov : La Cerisaie.

Tchekhov est déjà très malade lorsqu’est créée au Théâtre d’Art de Moscou celle qui sera sa dernière pièce : La Cerisaie. Le grand Stanilasvki, professeur d’art dramatique en sera le metteur en scène. Il écrira au créateur de la Mouette : La Cerisaie est votre meilleure pièce. Je m’y suis attaché encore plus qu’à notre chère Mouette. J’ai pleuré comme une femme. Je vous entends dire que c’est une farce, mais pour un homme simple c’est une tragédie.

Anton Tchekhov aura bel et bien asséné jusqu’à son dernier souffle, il meurt quelques mois après la première, que La Cerisaie est une comédie. Stanislavski et tant d’autres après lui n’ont rien voulu en savoir. Par ailleurs, à la création de la pièce, Tchekhov tenait à ce que ce soit Stanilavski qui endosse le rôle du marchand Lopakhine, mais celui-ci préféra celui de Gaïev. Christian de Benedetti a exaucé Anton Tchekhov et fabrique une Cerisaie délicieusement drôle, une farce philosophique et sociale telle que l’avait rêvée l’auteur. Et Christian Benedetti sera Lopakhine : Tchekhov est honoré.

On reconnaît la patte de Christian Benedetti et de Nina Villanova dès le premier décor, un décor épuré et sans contours. Les personnages se croisent dans ce lieu que la famille appelle encore la chambre d’enfant. Nos imaginaires sont convoqués par le truchement de presque rien, une armoire, un bureau, un lit d’enfant. Chez Benedetti l’adhésion de la troupe, si impliquée est grosse de la nôtre.

On retrouve aussi cette forme d’interprétation particulière où le faux semblant est au service total du personnage. Nous n’assistons pas à Christian Benedetti jouant Lopakhine mais à Lopakhine lui-même qui interprète son personnage, comme chacun de nous le fait lorsqu’il s’agit d’être « soi même ». L’ensemble de la troupe, citons entre autres la magnifique Hélène Vivies ou le parfait Jean Pierre Moulin, est à l’unisson.

Affermie par ces talents la pièce de Tchekhov nous livre sa sève. Nous sommes dans le texte et nous accompagnons cette histoire émouvante qui est celle d’une fin tout autant qu’un début, celle d’un basculement et d’une espérance. Et la Cerisaie grâce au précieux Christian Benedetti retrouve son optimisme .

LA CERISAIE

D’Anton Tchekhov
Mise en scène : Christian Benedetti
Assistante à la mise en scène : Nina Villanova
Traduction : Brigitte Barilley, Christian Benedetti et Laurent Huon
Avec : Brigitte Barilley, Alix Riemer, Hélène Viviès, Philippe Crubézy, Christian Benedetti, Antoine Amblard, Philippe Lebas, Laurent Huon (en alternance), Lise Quet, Nicolas Buchoux, Hélène Stadnicki, Jean-Pierre Moulin et Christophe Carotenuto

Jusqu’au 24 mars 2018
du lundi au samedi à 20 H 30
THÉÂTRE-STUDIO
16, rue Marcelin Berthelot
94140 Alfortville

Infos pratiques

Théatre Gérard Philipe
Comédie saint michel
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