Théâtre

Monique et Raphaël Mezrahi sont demandés caisse 12

13 mai 2009 | PAR Jeremy

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Théâtre des Variétés, 20h00. Le rideau s’ouvre sur une caisse de supermarché, et Monique la caissière chante qu’elle a perdu son chien. Pierre Bellemare, sur deux écrans aux extrémités de la scène pose le décor d’une comédie musicale. « Monique est demandée caisse 12 » n’est pas une pièce ordinaire. Le talent de Raphaël Mezrahi, après une disparition aussi soudaine qu’inattendue de la scène française, tient dans l’alliance (souvent) subtile entre gravité et légèreté. Pablo Picasso écrivait que « l’art lave notre âme de la poussière du quotidien. » En patron ringard, Mezrahi réinvente un lieu commun : le supermarché, qui frappe tant par sa banalité que par la simplicité des hommes et des femmes qui y travaillent.

C’est dans cette banalité que se noue un véritable drame : Monique n’est pas heureuse, le comble pour une caissière diplômée d’un bac + 5, qui tente de se défendre d’un père de famille qui prévient sa fille : « Tu vois, si tu ne travailles pas à l’école, tu deviendras comme elle ! » Les personnages sont des stéréotypes, mais c’est dans le cliché que réside une partie de la vérité. Aussi, quand Evelyne Leclerc s’improvise inauguratrice d’un « Casino », on s’étonne à peine. « Monique est demandée caisse 12 » se veut un miroir de la réalité dans une représentation toujours décalée. Le mélange du comique déjanté de Mezrahi avec le côté provincial de « la France d’en bas » du patron qu’il incarne fonctionne parfaitement. A travers les rires désabusés, chacun de nous se moque d’une partie de soi-même. Mais l’impression d’être toujours « à côté du spectacle », en observateur moqueur, nous dédouane de nous y identifier. Les scènes se succèdent au rythme des chansons de France Gall ou Colette Renard, accompagnés de pas de danse quasi-improvisés : il fallait oser. Pierre Palmade et sa chère mère, chanteuse oubliée dans la réalité, jouent l’envers et l’endroit d’un dialogue de générations. La pièce a des accents de chansonnier, en digne héritier de la voix vibrante du Boris Vian de l’après-guerre. La puissance de Julie Bonbon, extravagant personnage assise à gauche de la scène, et la justesse de l’orchestre « stagiaire » donnent le ton subversif et intemporel : décalé mais réel.

mezrahi

En temps de crise, c’est au cœur d’un théâtre que les gens ordinaires peuvent redécouvrir les rayons d’un supermarché. Face aux excès d’un système en crise, Mezrahi oppose la banalité des caddies. Mais gageons qu’il vend autant de rêve que le Festival de Cannes. Le spectacle surfe sur la vague « anti-crise », mais n’oubliez pas la petite pièce aux ouvreuses, sinon, vous ne repartirez pas avec votre sac de courses « Casino. »

« Monique est demandée caisse 12 »
De Raphaël Mezrahi
Avec Raphaël Mezrahi, Evelyne Leclerc, Pierre Palmade, Pierre Bellemare…

Théâtre des Variétés

7 Boulevard Montmartre
75002 PARIS

Métro
Grands Boulevards – Drouot

Réservations
01 42 33 09 92


Jérémy Collado

Œil, trait, plume : Garance Doré, un blog hybride. Quel brio !
Hadopi : retour en force
Jeremy

4 thoughts on “Monique et Raphaël Mezrahi sont demandés caisse 12”

Commentaire(s)

  • Ariane

    jeudi soir,

    une bonne soirée avec pour voisine une girafe! ça met dans le bain!(on comprend à la fin pourquoi)… surprise par cette comédie musicale décalée mais parfaitement interprétée avec une panoplie de chansons inattendue et sortant de l’ordinaire!
    j’adore et j’en redemande!!!

    mai 24, 2009 at 1 h 24 min
  • …… et puis faut dire aussi qu’en goéland, Palmade est champion du Monde !!!

    mai 26, 2009 at 12 h 22 min
  • MIMI

    Ce spectacle est incroyablement plat, inconsistant. Je me suis profondement ennuyée
    je suis partie en ayant la sensation d’avoir perdu du temps de l’argnet et ma bonne humeur.

    Les acteurs sont mauvais pour la plupart et même si deux ou trois d’entre eux pourraient être intéressants, que peuvent ils défendre dans un tel contexte ? Ce spectacle pourrait se vouloir subversif mais Il ne se passe rien, si ce n’est quelques gesticulations vaines autour de deux ou trois chansons mauvaises qui ne sont même pas drôles et quelques apparitions de peoples ( on est contents de savoir qu’ils ne sont pas morts ) que dire de plus lorsqu’on est pas surexcité de voir EN VRAI des vedettes du petit écran, eh bien c’est juste affligeant
    c’est un spectacle que je déconseille vraiment,
    et cela me deçoit d’une salle comme la cigale
    et au passage faire payer si chère une entrée est scandaleux pour un spectacle de discount perimé et insipide.

    mai 16, 2010 at 0 h 12 min
  • volo

    ma tata aime le fenouil et mon tonton aime les grenouilles lalllalaaallla, 123 soleil … hahah qu’est-ce qu’on rit !!!!!
    40 euros pour voir une pub géante Whaou ….A ce prix là allez vraiment faire vos courses vous aurez au moins le choix des articles !!!

    mai 17, 2010 at 7 h 58 min

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