Théâtre
Avec « Les yeux dans le dos », Patric Saucier nous plonge avec humour dans les affres d’Alzheimer

Avec « Les yeux dans le dos », Patric Saucier nous plonge avec humour dans les affres d’Alzheimer

27 septembre 2021 | PAR Julia Wahl

L’Espace Noriac de Limoges accueillait ce week-end, dans le cadre des Zébrures d’automne, un spectacle du québécois Patric Saucier, Les Yeux dans le dos. L’acteur-auteur, repéré jeune par Robert Lepage, y relate avec humour la maladie d’Alzheimer de sa mère.

La mise en scène de la mémoire

C’est dans une salle aux allures de chapelle que nous pénétrons. Face aux sièges, en fond de scène, la représentation d’un immense poste de télévision et, comme image, une photo de coucher de soleil surmontée de ces mots : « Cette photo n’a pas été retouchée, seuls les mots que vous y lisez ont été ajoutés. ». Une métaphore du spectacle tout entier, où les photos servent de moteur au processus de réminiscence et où la fidélité de la mémoire est sans cesse remise en question.

Le fonctionnement de la mémoire, ses failles et ses infidélités, sont convoqués à travers différents types de rapport à ce processus intellectuel bien obscur : la mémoire du comédien, et ses éventuels trous de mémoire ; la mémoire individuelle, qui nous conduit parfois à confondre les photos de notre enfance avec le souvenir que nous pensons en avoir ; la mémoire collective, qui nous permet de partager une culture commune avec nos semblables.

Une mise en scène du moi

Il ne faudrait toutefois pas s’imaginer que le spectacle de Patric Saucier soit une conférence scientifique. C’est une pièce sur la relation de l’auteur à sa mère, atteinte d’Alzheimer, mais aussi un spectacle qui retrace avec beaucoup d’humour les différentes étapes de la vie de celui-ci : l’enfance et ses bandes de copains, les premières amours, ses débuts sur scène. Le fonctionnement du cerveau semble alors un prétexte à ce travail autobiographique.

Cette mise en scène de soi, réussie, repose en grande partie sur le talent d’acteur de Patric Saucier, dont la présence au plateau suffit à nous plonger dans ses récits. Il incarne alors un texte qui nous propose toutes les facettes du comique : le comique de situation, l’autodérision, la satire et de très jolies trouvailles lexicales. Seul bémol : les passages sentimentaux, moins convaicants.

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Julia Wahl
Professeure de lettres durant dix ans, chargée de production de diverses compagnies de danse ou de théâtre, chargée d'action culturelle et des relations publiques... Tout ce qui a trait à la promotion de la culture et au développement de ses publics me passionne. Parce que l'on ne peut voir un spectacle sans vouloir transmettre ses émotions, je chronique régulièrement le cinéma, le théâtre et la politique culturelle pour Toute la Culture.

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