Théâtre

Aux Célestins de Lyon : Le meilleur des Candides possibles…

Aux Célestins de Lyon : Le meilleur des Candides possibles…

28 février 2015 | PAR Elodie Martinez

Tout le monde connaît Candide, cette œuvre et ce personnage que les études (collège ou lycée) ne nous ont pas permis de méconnaître. Personne n’ignore donc qu’il ne s’agit pas d’une pièce de théâtre et l’on peut se demander, de prime abord, comment il serait possible de mettre en scène un tel conte philosophique qui traverse les continents et passe par l’El Dorado, sans parler des scènes relativement barbares dépeintes. Et pourtant, la pièce actuellement jouée aux Célestins parvient à cet exploit et actualise l’œuvre de Voltaire tout en respectant à merveille le conte et l’esprit originels.

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Candide, si c’est ça le meilleur des mondes…, adaptation du fameux conte par Kevin Keiss et Maëlle Poésy, actualise le personnage voltairien et le dépoussière pour parler aux spectateurs du XXIe siècle, le transforme en conte plus moderne. Le public est d’ailleurs intégré au spectacle dès les premières secondes pour mieux pénétrer dans l’histoire car les acteurs s’adressent à lui, se présentant les uns les autres en enfilant leurs costumes : « Il y avait en Westphalie, dans le château de M. le baron de Thunder-ten-tronckh, un jeune garçon à qui la nature avait donné les mœurs les plus douces… – Moi ! » interrompt Jonas Marmy (Candide). Ainsi tout commence, citant mot pour mot la conte de Voltaire et expliquant autant aux spectateurs qu’aux personnages la philosophie du meilleur des mondes possibles.

A partir de là, les 5 acteurs (à l’exception de Candide) changeront de rôles, sans discrimination de sexe, pour faire tourner autour du personnage principal l’ensemble des mondes montrés. Roxane Palazzotto est donc tour à tour Pangloss, le chef militaire, un jésuite, un mousse, un eldoradien et l’abbé périgourdin, sans que l’on ne puisse confondre ses rôles et reconnaissant même Pangloss au premier coup d’œil lorsqu’elle entre en scène. La vieille de Marc Lamigeon est tout à fait mémorable, mais l’ensemble des acteurs (Caroline Arrouas, Gilles Geenen et ceux déjà cités) sont à saluer pour leur interprétation vivante et vivace.

Dans un décor très simple manipulé à vue, nous voyons donc défiler les mésaventures de Candide, les mondes, les vies, les personnages, et nous voyons grandir notre héros si attachant. La mise en scène intelligente et réfléchie de Maëlle Poésy trouve écho dans le monde d’aujourd’hui, nous permettant de nous interroger à l’issue de la représentation (et même pendant!). La metteur en scène met l’accent sur un problème qui va au-delà du simple optimisme : comment vivre dans une société sans en avoir les codes ? Là est le véritable problème de Candide qui crée tant de décalage.

Finalement, Pangloss explique que tout ce que nous avons vu est la démonstration de sa philosophie. La quête du héros le mène de la candeur de l’enfance à l’âge adulte, les expériences l’ayant fait mûrir au point de clore la pièce par une pensée qui est enfin la sienne et non celle de son précepteur : « Il faut cultiver son jardin ».

Infos pratiques

Le Festin-Centre Dramatique national de Montluçon
La Comédie de Clermont Ferrand
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