Théâtre

Auto-psy de petits crimes innocents

11 octobre 2010 | PAR Elise Arnould

Le théâtre Pixel propose en alternance des pièces pour un, deux, trois ou quatre interprètes. Vous pourrez découvrir une pièce portée par une jeune comédienne Émilie Pierson mise en scène dans « Auto-psy de petits crimes innocents » de Gérald Gruhn.

Le côté intimiste du théâtre Pixel (40 places) favorise la confidence et confère une ambiance feutrée de circonstance à notre rencontre improbable. Émilie Pierson, seule en scène, campe une tueuse névrosée « mais honnête » presque attachante. Durant une heure, elle retrace la vie rocambolesque d’une meurtrière de son enfance jusqu’à son âge adulte. Une petite fille, à priori sympathique, à qui on aurait enlevé « une ou deux valeurs fondamentales ». Un sujet délicat associé à un ton qui bascule le thème du tragique au comique décalé. A la fois cynique et naïf ce personnage au ton sincère n’est pas sans rappeler la scène culte des 400 coups : « Je mens, je mens de temps en temps quoi. Des fois ils… Je leur dirais des choses qui seraient la vérité, ils ne me croiraient pas, alors je préfère dire des mensonges. » Une logique évidente en somme.

Émilie Pierson incarne avec justesse cette tueuse perturbée. On notera en particulier le retour d’une petite phrase ponctuant les différents crimes, interprétée avec une pointe de perversité, un vrai délice. Avec elle nous découvrons toutes les expériences de la vie surtout celles que nous n’avons jamais tentées …à moins que …
« Ce qu’y a de spécial chez les chats c’est l’équilibre. Vous les pendez la tête à l’envers, vous les lâchez et ils retombent toujours sur leurs pattes : j’ai fait l’expérience. J’ai lâché le chat-à-Mémé de plus en plus haut pour voir si le vertige lui coupait pas l’équilibre. Et bien non. à partir du toit de la mairie, le chat devient méfiant, y se laisse plus attraper : j’ai dû continuer l’expérience avec les autres chats du quartier. Du pont de la gare, le chat atterrit lourdement et a du mal à se relever. Du haut de la tour des pompiers, y tombe à l’endroit et s’en va en rampant. À partir de la grue des HLM et jusqu’à la hauteur du viaduc, y se plante dans la boue, splatch, mais toujours sur ses pattes. De plus haut je sais pas j’ai pas essayé… »

En bref un spectacle drôle et grinçant, une interprète habitée par son rôle le tout dans un théâtre de poche : une bonne équation pour une soirée entre amis. La pièce est courte (1h10) à faire suivre d’un restaurant où débattre de toutes les expériences inavouables tentées.

Théâtre Pixel. Du 27 Septembre au 31 Octobre. Les vendredis et Dimanche soir à 19h45. Tarif plein : 15 euros Tarif réduit : 10 euros. Tarif privilège : 7,50 euros. www.theatrepixel.com/

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Elise Arnould

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