Théâtre

Au théâtre de la Ville, l’instrument à pression perd le rythme

23 novembre 2010 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Le théâtre de la Ville-Les abbesses offrait hier soir à quelques happy few la possibilité d’assister à la générale de la nouvelle création de David Lescot mis en scène par Véronique Bellegarde, « L’instrument à pression », une cacophonie volontaire musicale et théâtrale.

Le début est magistral, un homme de dos se lance dans un thème jazz, un rond tel une lune le surplombe. Très vite, quelqu’un vient le titiller, ce quelqu’un c’est le brillant comédien Jacques Bonnaffé, qui,  en mode incisif et surexcité vient lui expliquer comment faire sortir  le souffle ou plutôt l’air chaud. Comment placer sa langue, son corps. Très vite on découvre que des instruments à pression jonchent le plateau, trompette, cornet de poche, bugle…L’élève apprend, dépasse le maître et tombe amoureux de la contrebassiste…ça tourne, ça tourne…pas si rond en fait, l’élève s’enferme et glisse dans la folie, à moins que ce ne soit du free jazz ?

Les temps musicaux et l’aspect concert du spectacle séduisent. Les musiciens sont hors pair et développent des sons rares. Le glissement de l’harmonie vers le vacarme, dans les notes et dans l’âme  fonctionne.  En revanche les choix de mise en scène ne sont pas limpides . Les vidéos , très belles,  projetées en fond de scène sont  certes agréables mais n’apportent  rien au thème.  De même la présence du  vidéaste travaillant ces images sur le plateau  brouille le regard plus qu’il n’apporte de  substance au spectacle.   Jacques Bonnaffé  propose un jeu  très en force empêchant au caractère théâtral du spectacle de développer sa nuance et sa poésie.  L’histoire et les temps de concerts apparaissent alors  hachés et inégaux. Très vite l’ennui grimpe et la lassitude est pressante.

Théâtre des Abbesses, 31 rue des Abbesses Paris 18, du 23 au 26 novembre à 20h30, les 25 et  26 novembre également à 18h, 01.42.74.22.77  , 1ère catégorie 24€, 2ème catégorie 18€ JEUNE 1ère et 2ème catégories 13€
Visuel: Philippe Delacroix

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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