Théâtre
« Artaud-Barrault » immortels à la Maison Jean Vilar

« Artaud-Barrault » immortels à la Maison Jean Vilar

16 juillet 2011 | PAR Amelie Blaustein Niddam

L’année théâtrale 2010 a été marquée par le centenaire de sa naissance. Jean Louis Barrault c’est une vie d’acteur et de comédien. Sur les planches, celle de la comédie Française, celle du Marigny. A l’écran dans Les enfants du Paradis de Carné. A l’occasion de son centenaire, les grands théâtres parisiens lui ont rendu hommage. Aujourd’hui, la Maison Jean Vilar dans le cadre du festival d’Avignon donne une touchante lecture théâtrale mettant en scène les échanges de lettres entre Artaud et Barrault.
Jusqu’au 23 juillet, Denis Guénoun met en scène Stanislas Roquette pour « Artaud-Barrault ». Le spectacle revient sur dix ans de correspondance épistolaire entre Antonin Artaud et Jean-Louis Barrault.
Les lettres d’Antonin Artaud ( Publiées en 1952 par Jean-Louis Barrault aux éditions de Bordas) sont le cœur même de ce spectacle. La pièce, portée par l’époustouflant Stanislas Roquette est précédée par la projection d’un montage d’archives (durée : 26 minutes) réalisé dans le cadre du Centenaire de Jean-Louis Barrault (Archives INA et Les Films Classiques. Montage : Marie Deroudille).
Le film donne à comprendre la relation d’amour entre Jean-Louis Barrault et le théâtre, nous voyons avec bonheur sa compagne Madeleine Renaud , notamment dans une délicieuse mise en scène express de « Fin de partie ». Nous entendons aussi le verbe de Barrault décrire ses relations passionnelles avec Claudel. De témoignages en images, c’est l’histoire du théâtre qui défile devant nos yeux.
Le film est l’introduction parfaite à la partie théâtrale du spectacle. Seul en scène le comédien incarne les deux rôles. La pièce est composée des lettres d’Artaud à Barrault et de textes de Barrault.
De façon chronologique, nous attaquons par le rire et le génie, découvrant les recherches au sein de l’atelier de Charles Dullin, ensuite, nous assistons un peu inquiets au départ d’Artaud au Mexique, il s’y ruine avant d’y perdre la raison ce qui lui voudra de vivre interné.
Ce sont les lettes à l’asile où Artaud se confronte au silence de Barrault, pensant ses courriers jamais arrivés qui sont le point d’orgue du spectacle. Le comédien incarne la folie avec un talent monstre nous plongeant dans l’esprit malade d’Artaud.
« Artaud-Barrault » nous permet d’entendre une langue incroyablement soutenue et limpide, offre de façon tout public un accès à deux figures tutélaires du théâtre français et d’une manière générale se lit comme un spectacle sur l’amitié et la déraison.

Visuel (c) Jean-Louis Barrault and Madeleine Renaud photographed by Carl Van Vechten, on Dec. 24. 1952.
From the collection of the Library of Congress and in the public domain: http://memory.loc.gov/ammem/vvhtml/vvres.html

Festival International Jean Rouch, à Paris du 5 au 27 novembre 2011
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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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