Théâtre
A Petites Pierres de Gustave Akakpo à l’Etoile du Nord

A Petites Pierres de Gustave Akakpo à l’Etoile du Nord

19 mars 2011 | PAR La Rédaction

L’Etoile du Nord acueille jusqu’au 26 mars le spectacle « A Petites Pierres », de Gustave Akakpo, mis en scène par Thomas Matalou.

Parce qu’elle a commis le crime de rejoindre celui qui la séduisait plutôt que celui qui lui était destiné, une jeune fille doit être lapidée… Son amoureux entreprend de la sauver…

C’est de là que part la pièce de Gustave Akakpo.  Pas franchement comique…et pourtant. L’originalité de la pièce tient à la façon dont ce sujet d’une très grande gravité est traité. Ici point de solennel, pas d’envolées lyriques prenant pour prétexte un quelconque engagement. Le texte est concret, ancré dans la réalité, dénué d’artifices, ce qui n’empêche pas une belle poésie par moments. En choisissant ce langage imagé, Gustave Akakpo englobe les spectateurs dans le quotidien de ses protagonistes, aux prises avec des traditions ancestrales gardées par les anciens qui n’ont de vertu que pour les autre…On rit, on se moque, des uns et des autres. On est ici dans le domaine de la farce, du quiproquo, du déguisement, du travestissement, des conversations surprises à l’insu des intéressés, des apartés destinés au public…

La farce est là, certes, mais avec en sous -tendu le tragique de la situation, celui qui ne nous fait jamais oublier le propos de la trame. On rit en entendant les expressions déroutantes et autres proverbes cocasses, mais on ne se débarrasse jamais de cette chappe de plomb, l’issue dramatique n’est jamais très loin de nos esprits.

Si la mise en scène peut dérouter ( acteurs grimés, plateau dépouillé, costumes intemporels ) tant elle transporte l’action loin de cette Afrique qui transpire du texte, les comédiens, pleins d’une magnifique sincérité et d’une énergie débordante, prennent le texte à bras-le-corps, l’amènent à notre écoute, et nous en exposent les images. Face à une telle gourmandise et un tel plaisir de jeu, impossible de rester indifférent…L’histoire, toute tragique et absurde qu’elle puisse être, nous est contée avec joie, et on se laisse volontiers guider dans cet univers qui rassemble à la fois Marivaux, Molière et Shakespeare.

Dub Inc en concert au Casino de Paris
Chorus : Têtes raides comme des piquets de rêve
La Rédaction

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