Théâtre
A la rencontre d’Alain Crombecque

A la rencontre d’Alain Crombecque

30 décembre 2010 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Christine Crombecque signe bien entourée « Alain Crombecque, au fil des rencontres » une biographie-hommage dédiée à son époux Alain Crombecque, disparu le 12 octobre 2009, dont la vie se déroula, de son engagement à l’Unef à ses positions de directeur du festival d’Avignon et d’Automne, sous le signe du théâtre.

L’ouvrage est un grand format, à l’image des livres d’art recensant les grandes expositions. Il alterne des retranscriptions d’entretiens diffusés sur France Culture avec Joëlle Gayot  » A voix nue » en 2006,  puis Alain Veinstein, « Raison de plus » en 2009,   avec des photographies et des témoignages venant de Christine , son épouse, de ses  amis , et des professionnels de la culture, les destins se croisant souvent.

Les deux premières parties insistent largement sur les deux festivals et sont absolument passionnantes . Les entretiens apportent un  angle essentiel sur ces deux grands rendez vous. Pour Crombecque, chaque direction semble avoir été un coup du hasard. Il prend la tête du festival parisien en avouant à Michel Guy qui doit quitter le poste pour partir au gouvernement « Mais attendez Michel, je suis trop jeune , j’ai pas d’expérience ». Il rejoint Avignon de façon « inopinée » , en découvrant son nom dans un article du Monde . « Je vais être pris dans un tourbillon (…) je me met comme condition d’être nommé à la majorité absolue du conseil d’administration du Festival d’Avignon , en pensant que peut être , un conflit allait apparaître et que ça allait me permettre de prendre la tangente ». Et pourtant,  l’homme est sans aucun doute  à sa place car, dès l’université, son engagement politique l’amène à prendre des décisions dans le champs culturel.  C’est par le biais de l’Unef qu’il participe aux rencontres d’Avignon sur l’invitation de Jean Vilar.

Livre hommage, « Au fil des rencontres » est ponctué de témoignages venant de personnalités toutes issues du monde du théâtre. Toutes soulignent le silence de l’homme qui détestait prendre la parole en public et être en lumière. Claude Régy parle de « mutisme », Peter Brook à l’occasion d’une anecdote , raconte « Alain, comme d’habitude, ne disait mot mais observait » . Tous aussi signalent son infinie écoute et sa gentillesse . On le surprend en fou rire  au détour d’une page en plein conflit avec les intermittents du spectacle l’aspergeant de jets de tomates.

Le livre est le cadeau idéal à offrir aux fous de théâtre et aux amoureux d’Avignon, il y découvriront un homme qui a marqué 50 ans de culture sans faire de bruit mais en installant des formes devenues aujourd’hui classiques. En programmant Le soulier de satin en 1987, un spectacle de l’aube à l’aurore, il a affirmé que le théâtre pouvait , en s’appropriant la durée devenir une expérience indélébile à partager entre les spectateurs et les comédiens. Depuis, Olivier Py , Wajdi Mouhamad et Ariane Mnouchkine ont validé la formule.

Alain Crombecque, au fil des rencontres, Par Christine Crombecque, Éditions actes Sud, 2010, 122 pages, CD inclu, 32 €

 

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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