Théâtre

A Avignon, le OFF fait la guerre au IN

A Avignon, le OFF fait la guerre au IN

25 octobre 2012 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Il n’y a qu’un seul festival et c’est le festival d’Avignon, cela c’est la position, juste, de ce que les festivaliers nomme le In en opposition au Off qui est un salon du théâtre sans aucune ligne programmatique. Mais voilà qu’à la diffusion officielle des dates de l’évènement, le Off hurle de colère. Tempête dans un verre d’eau ou vrais enjeux ?

Depuis plusieurs mois, le think thank Terra Nova Vaucluse se bat pour, non pas rallonger le festival, mais pour qu’il retrouve sa durée de quatre semaines, ce qui était la norme sous la direction d’Alain Crombecque. Il argumente que le Festival d’Avignon a reçu « 200.000 € annuels attribués par le Grand Avignon depuis deux ans ». La réduction progressive du festival semble incompréhensible. Terra Nova rappelle : « Une fois encore, la durée de la programmation officielle du Festival ne sera que de 22 jours. Après les 5 semaines qui étaient la norme dans les années 70, les quatre semaines des années 80, les trois semaines et demie des années 90 et 2000, la durée de ce Festival s’installe désormais depuis 2010 dans trois semaines seulement de représentations. A ce rythme, qu’en sera-t-il dans une ou deux décennies?

Jusqu’à présent la direction du Off ne souhaitait pas se prononcer. Cela change aujourd’hui suite à la décision, le 15 octobre, d’Hortense Archambault et Vincent Baudriller, d’arrêter les dates de la 67e édition du 5 au 26 juillet 2013. Aucune surprise, le festival devant démarrer le premier week-end de juillet, comme l’année dernière.

Greg Germain aurait été choqué que cette décision fut prise de façon unilatérale. Sa réaction étonne dans la mesure où il ne s’était pas engagé dans le débat sur les dates en juillet dernier.

Une conférence de presse est prévue demain à 15 heures, à l’Off Set, un café de la symbolique rue des Teinturiers où toute l’agitation du festival s’agrège. Greg Germain, directeur du Off devrait annoncer un souhait de le voir commencer plus tard dans le mois, le 10 juillet pour se clore le 5 août.

La mesure semble bien être un effet d’annonce. On sait que le festival est le moteur du Off, en 2003, la gréve des intermittents avait provoqué  l’arrêt du « In » et un grand ralentissement du Off  entraînant avec lui, la faillite d’une centaine de compagnies.

L’enjeu est là : si le OFF souhaite se prolonger il doit avoir une responsabilité sociale d’accueil des troupes, c’est à dire devenir, à l’instar de ce qu’il se passe dans l’art contemporain, un véritable festival OFF et non plus une plateforme de location des créneaux dans les lieux de représentation.

Le débat semble extrêmement local, mais pour le millier de compagnies qui viennent au off il est autant crucial que national. En se désolidarisant du « In », il provoquerait un 2003 permanent. Les professionnels et le public ne suivraient pas, Avignon en a déjà fait l’expérience.

 


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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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