Théâtre
66 Gallery Howl à la maison de la poésie, this is it !

66 Gallery Howl à la maison de la poésie, this is it !

18 octobre 2012 | PAR Ruben Moutot

Sur les traces de la Beat Generation, ressuscitant mai 68 au son du jazz et au rythme des néons colorés, ce chant libertaire d’une créativité vigoureuse nous fait revivre les plus glorieuses années d’une aventure cosmique et underground. Tout simplement brillant.

La Beat Generation, c’est l’histoire d’un petit cercle de rêveurs qui bravèrent l’Amérique et ses codes. Ils s’appelaient William Burroughs, Jack Kerouac ou encore Alan Ginsberg. C’est à travers le poème de ce dernier, Howl, que l’on redécouvre cette fois-ci, leur mouvement.

Cela se passe à la maison de la poésie, le lieu fraîchement repris par Bernard Comment et Olivier Chaudenson, qui souhaitent désormais en faire le «point de ralliement des nouveaux modes de rencontres entre les auteurs, les textes et le public».

Tout commence dans l’herbe, comme si le vent de Woodstock soufflait encore dans la petite salle de la rue Saint-Martin. Et l’atmosphère s’intensifie progressivement dans le sous-sol, rythmée par les clips, les airs jazzy ou encore la fumée blanche qui nous étouffe toujours un peu plus. L’exiguïté ainsi créée concorde parfaitement avec le symbole d’une société dans laquelle les citoyens sont étranglés par les conventions. Le message retentit avec d’autant plus d’intensité de nos jours, alors que le matérialisme américain nous a plongé en pleine crise financière.

Douglas Rand, l’acteur et véritable « performeur » jette son texte, envoie valser ses chaussures, déroule la prose de Ginsberg, la scande, la hurle même, bref, il nous plonge dans cette atmosphère sombre et électrique avec une passion dévorante. Prisonnier de son fauteuil en forme de main (celle de Moloch?), il s’en échappera pour revêtir des dreadlocks et nous exhiber son superbe caleçon aux couleurs du drapeau américain, à la limite de l’indécence.

C’est un spectacle plein de verve que nous propose donc le collectif artistique de la Ricotta, fondé par Bérangère Jannelle. Cette dernière s’était déjà distinguée en travaillant sur des adaptations d’Offenbach ou de Shakespeare.

Rien n’est laissé au hasard. Le titre de la représentation sonne ainsi comme un hommage à la six Gallery, ou le poème Howl fut joué pour la première fois mais aussi et surtout à l’oeuvre majeure de Kerouac, sur la route, véritable ode aux grands espaces et à la découverte de mondes nouveaux.

On y retrouve pleinement le caractère dramatique que l’on pouvait déjà admirer dans le superbe film de Rob Epstein et de Jeffrey Friedman. Et si James Franco donnait vie à la prose de Ginsberg avec sensualité, l’acteur Douglas Rand l’interprète avec plus de noirceur mais non moins de brio.

Bérangère Jannelle, nous offre ainsi, durant cette représentation, un petit lopin de terre américaine en plein Paris et un espace de contestation libertaire, en faisant de nous, de véritables Beatniks.

 

 

 

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